Les ADL, dans leur forme actuelle, pourraient disparaître d’ici la fin de l’année. La réforme prévoit de les remplacer par des structures couvrant des bassins de vie d'au moins 20.000 habitants.
Alexia a repris un magasin de prêt-à-porter, en plein centre de Bièvre, il y a sept mois. Pour se lancer, la jeune commerçante a pu compter sur le soutien concret de l'Agence de Développement Local :
Je suis allée à l'ADL pour les premières démarches parce que je ne savais pas trop par où commencer, ni ce que je devais faire. Ils m'ont conseillé de réaliser un business plan et un plan financier pour la banque. Je les remercie beaucoup : j'ai su par où commencer.
Sébastien Marbehant, agent de l'ADL de Bièvre et Vresse :
Ici, elle avait besoin d'un plan financier et d'une étude de marché pour lancer son activité. Nous l'avons accompagnée dans les démarches, en lui expliquant et en synthétisant l'ensemble des formalités administratives nécessaires pour se lancer comme indépendante.
20.000 habitants
Mais aujourd'hui, l'avenir de l'ADL de Bièvre et Vresse est incertain. En cause : une réforme portée par le ministre wallon de l'Emploi et de l'Économie, Pierre-Yves Jeholet, qui redéfinit le rôle de ces structures. L'ADL ardennaise, comme d'autres en Wallonie, pourrait disparaître. Pierre Poncelet, responsable de l'ADL de Bièvre et Vresse :
Nous n'avons pas encore d'information officielle. Nous savons qu'une note est en cours et qu'elle doit passer en première lecture au gouvernement. Ce qui nous inquiète surtout, ce sont nos emplois : que va-t-on devenir ? On parle d'une transition, mais on sent que le décret ADL est déjà bien engagé. On voit mal comment cette transition pourrait se faire en douceur d'ici fin de l'année, sans casse pour les agents des différentes ADL.
"Cela ne correspond pas du tout à notre réalité de terrain"
À partir de 2027, chaque ADL devra couvrir au moins 20 000 habitants. Autre changement : elles seront désormais limitées à une seule mission, l'animation commerciale. Deux critères difficiles à appliquer en zone rurale. Michaël Modave, bourgmestre ff de Bièvre :
Le seuil de 20 000 habitants correspond, pour donner une idée, à l'équivalent de notre zone de police (Gedinne, Bièvre, Vresse et Beauraing). Le territoire serait donc énorme. Et en termes de services, ce n'est pas faisable : cela ne correspond pas du tout à notre réalité de terrain. Ensuite, limiter les missions au seul soutien commercial ne nous correspond pas non plus. Nous avons des commerces, oui, mais pas en nombre suffisant pour organiser une animation permanente.
Pierre Poncelet ajoute :
Cela va clairement freiner le développement économique. S'il n'y a plus d'ADL, surtout dans des territoires ruraux comme le nôtre, je ne pense pas qu'une nouvelle structure, centrée sur le commerce, pourra compenser ce manque. Elle devra se concentrer sur les centres urbains, où il y a davantage de commerces. Faire de l'animation commerciale sur un territoire regroupant cinq ou six communes, avec parfois trois commerçants dans un village et quatre dans un autre, c'est extrêmement compliqué.
Le texte de réforme des Agences de Développement Local devrait être présenté en première lecture au Gouvernement wallon d'ici le 15 avril.