Eau
Rochefort : des essais de traçages hydrogéologiques pour éviter des inondations de ruissellement sur le Gerny
publié le:22/12/2023 17:34:00 - mis à jour: 22/12/2023 18:48:53
Des essais de traçages hydrogéologiques sont en cours à Rochefort et plus précisément sur le Gerny. Le but est d’étudier la direction et la vitesse d’écoulement des eaux souterraines.
Exposée à la lumière naturelle, la fluorescéine sodique colore l'eau d'un drôle de jaune fluorescent. Ce colorant inoffensif sert en fait de traceur et permet de suivre le déplacement des eaux souterraines du plateau du Gerny à Rochefort, explique Amaël Poulain, hydrogéologue chez Traqua.
Nous avons déversé ce traceur dans un grand trou creusé pour l'occasion. Cette eau va s'infiltrer et rejoindre la nappe phréatique située à 30 mètres sous nos pieds. L'idée est de voir vers où va cette eau et à quelle vitesse.
Maîtriser les ruissellements
Il ajoute que comprendre le parcours emprunté par l‘eau permettra, notamment, d'analyser les phénomènes d'inondations par ruissellement et de les maîtriser.
Il faut savoir que le Gerny est un grand plateau agricole où l'on retrouve beaucoup de ruissellement quand il pleut abondamment. Ces écoulements peuvent impacter certaines zones urbanisées qui sont situées plus en aval. Nous évaluons donc la potentialité de ralentir, temporiser ce type de ruissellement et éventuellement de les infiltrer.
Recharger les nappes phréatiques pour les périodes de sécheresse
Cette étude est initiée par l'asbl Kick, un mécène qui œuvre pour faciliter la transition écologique, et d'autres acteurs locaux. A terme, elle devrait déterminer si le plateau du Gerny pourrait servir d'immense bassin d'orage en cas de forte pluie grâce à sa nature calcaire, précise Simon Loop, coordinateur local du projet Kick Rochefort.
Ça pourrait être intéressant de faire, sur le Gerny, des aménagements qui permettraient d'infiltrer l'eau et d'utiliser ce réseau comme une sorte de réservoir. Nous pourrions y stocker l'eau en été pour parer aux périodes de sécheresse et par la même occasion limiter les ruissellements. Ce serait donc une solution fondée sur la nature.
Un traceur qui devient invisible à l'oeil nu
Des instruments de mesure ont été placés aux potentiels endroits de sortie de l'eau. Ils permettront de calculer la vitesse à laquelle elle s'est déplacée grâce au traceur. Pas de risque pour autant de voir la Lhomme ou les autres cours d'eau des alentours virer au jaune rassure l'hydrogéologue.
C'est impressionnant à l'injection car le traceur est très concentré, mais au fur et à mesure, il va se diluer. A un moment donné, il sera tellement dilué qu'on ne le verra plus à l'œil nu mais il restera toujours détectable par nos instruments de mesure.
Il faudra donc laisser couler et être patient avant d'obtenir les premiers résultats de ces essais.