Intégration

Ron Tamnik, du centre Fedasil de Pondrôme à la gérance du Café Leffe de Dinant

publié le:20/06/2025 14:39:00 - mis à jour: 21/06/2025 10:48:10

Ron Tamnik a fui le Kosovo à l’âge de 11 ans. Il est passé par le centre Fedasil de Pondrôme et, aujourd’hui, à 28 ans, il est le gérant du célèbre Café Leffe à Dinant. Un véritable modèle d’intégration.

Installé au pied de la Collégiale et de la Citadelle de Dinant, le Café Leffe est un établissement bien connu de la Croisette. Ron Tamnik en est le gérant depuis plus de deux ans maintenant. Une fameuse responsabilité pour ce jeune de 28 ans, qui a fui le Kosovo avec sa famille à l'âge de 11 ans. À l'époque, ce petit pays des Balkans sort de la guerre et est en pleine crise économique :

Le métier de ma maman n'était pas accepté là-bas, donc nous avons dû quitter le pays car nous étions en danger. Le 14 janvier 2008, on est arrivés à Bruxelles. Je m'en rappelle car c'est le jour d'anniversaire de ma mère. On est allés à l'Office des étrangers, qui nous ont transférés au centre Fedasil de Pondrôme.

À son arrivée en Belgique, Ron ne parle pas un mot de français. Il étudie d'abord à l'Athénée de Beauraing, puis l'hôtellerie à Dinant. À 15 ans, il commence à travailler comme étudiant dans l'horeca. Lui qui voulait devenir pilote d'avion, il est aujourd'hui aux commandes d'une des brasseries les plus réputées de la région :

À la base, ce n'était pas le métier que je voulais faire. Mais, finalement, c'est devenu ma passion. Pour travailler dans l'horeca, il faut vraiment être passionné, car les horaires sont différents. Quand tout le monde fait la fête, nous, on travaille. Donc il faut aimer le métier, sinon ça ne marchera jamais.

Un parcours d'intégration exemplaire

Le gérant du Café Leffe est aussi délégué de l'équipe féminine du Futsal Mosan et impliqué dans la Jeunesse d'Anseremme. Il s'est installé avec sa famille dans la cité des Copères et se considère comme un véritable Dinantais :

On ne renie jamais ses origines. Mais, à l'heure actuelle, si on me demandait de retourner vivre là-bas, je ne saurais pas, car toute ma vie est ici.

Le parcours de Ron Tamnik est un vrai modèle d'intégration. S'il en est arrivé là, c'est à force de beaucoup de détermination. Mais aussi grâce aux personnes qui l'ont accompagné durant tout son parcours :

D'ailleurs, il n'y a pas longtemps, ça m'a beaucoup touché, mes éducateurs et éducatrices sont venus manger tous ensemble au restaurant. Même si je n'y suis resté qu'un an et demi - deux ans, ils et elles restent ma famille. Je retourne souvent les voir. Par exemple, quand je vais voir un match de foot à Pondrôme, je suis obligé de passer par là !

En Belgique, Fedasil et ses partenaires ont accueilli cette année plus de 33 420 demandeurs d'asile. Autant de personnes qui pourront peut-être un jour, tout comme Ron, se faire une petite place dans la société belge.

Élisa Sidérius, Journaliste
elisa.siderius@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30