En août, le réseau RADiS lance un défi à plusieurs établissements Horeca dinantais. Objectif : les pousser à intégrer des produits locaux dans leur menu. La Cafet, à Dinant, y participe.
En plein service de midi, la cafet Marie-Charlotte est bien animée. Dans les cuisines, la gérante Marie Moro y Arguelles s'active pour préparer les commandes avec des assiettes 100% dinantaises, ou presque.
Ici, je prépare les délicieux wraps de la Wraperie dinantaise de Julie façon croque avec du jambon des salaisons Beghuin, du fromage de Sommière. On le sert chaud avec un peu de crudités. On dit qu'il y a 90% de choses où on essaie d'être vraiment dans le durable. Et puis il y a 10% où on n'est pas parfait, donc peut être qu'à un moment donné il y aura de l'avocat. Ici, pour le moment, on fait un petit mocktail de saison avec des oranges, on sait qu'elles ne viennent pas de Dinant.
Favoriser les produits locaux, un défi estival
Pour le reste, presque toute la carte est locale, comme le pain au levain d'Yvoir, le fromage de Purnode ou encore les légumes du Potager Divin à Dinant. Tous les samedis du mois d'août, la cafet propose aussi des brunchs locaux, dans le cadre du défi Horeca lancé par le réseau Radis. Marie Moro y Arguelles explique :
Ça a été évident de participer, puisqu'on travaille déjà en grande partie avec des producteurs locaux. Maintenant que ça fait huit mois qu'on est ouvert, on peut sortir un peu des sentiers battus. Donc, c'est comme ça qu'on a lancé le brunch et ça nous a permis d'aller encore un peu plus loin dans la réflexion et d'accueillir des nouveaux producteurs.
L'objectif de ce défi relevé par plusieurs établissements dinantais est d'encourager les restaurateurs à travailler des produits de la région, à une saison où l'offre est particulièrement importante, surtout dans les maraîchages, mais où la demande diminue, puisque les clients habituels sont en vacances. Une initiative tout à fait en accord avec le projet de Marie.
On voulait casser un peu ce cliché que le bio, local et de saison, ce n'est que pour les "écolos-bobo-gaucho", et montrer que c'est accessible à tout le monde financièrement. On arrive à proposer des tarifs tout à fait corrects et raisonnables en proposant tout des produits de qualité.
Un concept qui marche
Cette ancienne prof a voulu se réinventer en lançant "la cafet" il y a quelques mois, grâce à un crowdfunding. Et aujourd'hui, le concept semble plutôt bien fonctionner. Christine y vient régulièrement :
On mange très bien, on est bien servis, c'est très chaleureux, comme à la maison. On peut même faire des jeux de société, mettre en couleur, etc.
La gérante se réjouit :
On a plein de gens auxquels on n'avait pas pensé. Des personnes seules, un peu plus âgées, qui habitent dans le quartier, qui vont venir boire une petite soupe pour papoter et voir un peu de monde. On a pas mal de touristes aussi. Ce qu'on a souvent entendu, c'est que ça ne marcherait pas parce qu'on est pas dans la partie touristique de Dinant. Alors qu'en fait, on a plein de touristes qui jouent le jeu et qui traversent la ville pour venir boire un café, manger un petit lunch ou se poser tout simplement.
À partir de la rentrée, la cafet propose aussi des ateliers en tous genres. Et puis si ses brunchs locaux fonctionnent bien pendant l'été, elle pourrait continuer à en proposer après les vacances.