Submergée par les quantités à trier, l’ASBL Terre appelle à la modération et au civisme. La commune d’Havelange emboîte le pas en appelant ses citoyens à suspendre leurs dépôts.
La commune d'Havelange a demandé à ses citoyens de ne plus déposer de vêtements dans les bulles de l'ASBL Terre. Une mesure temporaire, prise pour soulager l'entreprise sociale, qui n'arrive plus à faire face à l'afflux de vêtements à trier. Nathalie Demanet, bourgmestre d'Havelange, explique :
À partir du moment où le conteneur déborde, je ne vois pas l'intérêt de déposer encore des sacs. L'ASBL Terre est actuellement débordée, notamment à cause des difficultés financières qu'elle rencontre. Sur le plan de la propreté, ces sacs déposés à côté des bulles posent aussi problème. Nous espérons qu'en demandant aux citoyens d'être raisonnables, ils entendront l'appel et éviteront d'ajouter de la saleté à la saleté.

Un secteur en crise : le tri textile à la peine
La situation ne concerne pas que Havelange : c'est toute la Wallonie et Bruxelles qui font face à un engorgement du secteur de la collecte et du réemploi textile. Les trois principales structures actives dans le sud du pays — Oxfam, Les Petits Riens et l'ASBL Terre — sont débordées. Christian Dessart, directeur de l'ASBL Terre, dépeint une situation critique :
On travaille maintenant tous les samedis, jusqu'à 22 heures avec nos équipes, mais ça devient trop compliqué. Ce n'est pas seulement la collecte, c'est aussi la gestion de la sortie. Oui, on peut ramasser le textile, mais que va-t-on en faire ?
La surconsommation textile a engorgé les circuits de traitement. Le textile non réutilisable n'a plus de débouchés. La filière européenne de recyclage est elle aussi saturée, poursuit le directeur :
Avec cette surconsommation, je ne vois pas cinquante solutions pour la fin de vie d'un vêtement, que ce soit en Belgique ou ailleurs en Europe. Je vais le dire sans vouloir affoler : il faudra envisager l'incinération.

Un soutien régional pour sortir la tête de l'eau
Malgré les difficultés, une aide se profile. La Région wallonne vient d'annoncer un soutien financier aux acteurs du secteur, avec une aide de 151 euros par tonne de textile traitée. Une subvention exceptionnelle de 250.000 euros sera également attribuée à l'ASBL Terre. Christian Dessart :
On va essayer, grâce à ce soutien, d'acheter rapidement du matériel et surtout de recruter du personnel pour faire le travail correctement. Et nous espérons que, grâce notamment à la presse, la population sera à nouveau sensibilisée sur ce qui peut être déposé dans une bulle ou non.
Des bulles à respecter
L'ASBL Terre déplore aussi la quantité croissante de déchets sauvages déposés dans ses bulles. Cela alourdit considérablement son travail. Petit rappel utile : seuls les vêtements propres et réutilisables, les chaussures par paires, la maroquinerie et le linge de maison peuvent être déposés dans ces bulles. Le reste n'a rien à y faire.