Santé
Semaine des aidants-proches : "Voir mon mari dépérir comme cela, c'est affreux"
publié le:05/10/2023 17:03:00 - mis à jour: 07/10/2023 00:19:53
Un séjour de répit est organisé à Lavaux-Sainte-Anne pour les aidants et leurs proches souffrant de la maladie d'Alzheimer, quelques jours de repos et de convivialité pour sortir d'un quotidien difficile.
Marie-Claire Frognet s'octroye quelques jours de répit dans un gîte de Lavaux-Sainte-Anne (Rochefort). Elle est l'aidante-proche de son mari, atteint de la maladie d'Alzheimer, dont l'état s'est détérioré ces derniers mois.
Il ne sait plus et ne veut plus rien faire. Avant, il faisait les légumes et partageait avec moi. Dorénavant, il ne sait même plus se laver. Sur six mois de temps, j'ai vraiment vu le changement. Ce qui me fait le plus mal, c'est que mon mari est jeune. Il n'a que soixante-huit ans.
Pour sortir de ce quotidien morose et difficile, Marie-Claire participe avec son mari à un séjour organisé par la Plateforme Alzheimer de la Province du Luxembourg. Pour elle, cette parenthèse s'apparente à une bulle d'oxygène de quatre jours au contact d'autres aidants-proches et d'autres personnes atteintes de cette maladie. Alzheimer détruit les cellules cérébrales et provoque notamment une détérioration de la mémoire. Jean-Pierre Benhamon, le président de la plateforme et ancien aidant-proche, est persuadé du bien-fondé du répit en gîte.
Au début de la maladie de ma femme, je croyais être assez fort pour tout gérer seul. Mais il s'avère qu'un moment, on est dépassé par les évènements. J'ai eu besoin de me faire épauler par des gens qui connaissaient la maladie. L'objectif est de faire le vide autour de soi et se rendre compte qu'on n'est pas tout seul.
Un accompagnement 24h/24
Marie-Claire Frognet, comme beaucoup d'autres aidants-proches, n'a qu'un seul souhait, garder son mari le plus longtemps possible à domicile, à ses côtés. Pour y arriver, elle peut compter sur l'aide d'une baluchonneuse, comme Éliane Quarty. Ce métier qu'elle exerce n'est pas comme les autres, il consiste à accompagner 24h/24 les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer pendant une courte durée.
Nous allons dans les familles et nous restons de quatre à quatorze jours. Nous accompagnons le malade jour et nuit pendant que les proches partent en répit pour qu'ils puissent se ressourcer.
Avant d'être pensionnée, Marie-Claire était aide-ménagère, une profession qu'elle a toujours l'impression d'exercer aujourd'hui.
À présent, je dois soigner mon mari et ça, c'est dur, très dur même, parce que je n'accepte pas la maladie. Voir mon mari dépérir comme cela, c'est affreux à vivre et ce sera de pire en pire.