Pour ce chantier, pas question d’utiliser n'importe quelle technique moderne : puisque l’édifice vieux de 900 ans est classé, les ouvriers doivent parfois travailler comme au Moyen-Âge.
Depuis la mi-juin et le début du chantier, la chapelle de Chardeneux est méconnaissable. Entourée d'échafaudages, elle fait l'objet d'une restauration d'ampleur. Murs rejointoyés, murs d'accès et du cimetière renforcés, vitraux restaurés, toiture réparée… C'est toute la structure extérieure qui est actuellement en travaux, explique Henri Flahaux, gestionnaire de chantiers aux entreprises Bajart.
Le plus gros du travail concerne la maçonnerie, car nous avions constaté plusieurs problèmes d'instabilité. Il y a également des travaux de charpente. Et ici, nous avons découvert que le clocher était totalement instable. Il faut donc en reconstruire un nouveau, à l'identique.
Le clocher est donc en cours de démontage. La flèche a été retirée, poutre après poutre. L'édifice religieux, vieux de 900 ans, avait bien besoin d'une restauration en profondeur, reconnaît Alexandre Borsus, échevin du Culte et des Finances à Somme-Leuze.
La chapelle n'était pas en ruine, puisqu'il y avait toujours des offices à l'intérieur. Mais il était effectivement temps d'agir. On voyait notamment depuis un certain temps que la flèche était légèrement penchée. Et au-delà de sa fonction religieuse, c'est tout le patrimoine de nos villages qu'il faut préserver, entretenir et dans lequel il faut investir.
Des techniques du Moyen Âge
La chapelle romane, construite au 12e siècle, est classée. Sa restauration doit donc respecter des méthodes précises, parfois héritées du Moyen Âge. Chaque élément est donc soigneusement numéroté avant d'être démonté, restauré puis replacé à son emplacement d'origine, explique Guy Colson, ingénieur-architecte en charge de la rénovation.
La restauration impose de remettre en œuvre des techniques anciennes, que nous connaissons bien et utilisons régulièrement en maçonnerie. Pour la charpente, nous devons également respecter certaines méthodes et réutiliser un maximum de pièces afin de les restaurer et de les remettre en place. Nous allons aussi pouvoir remettre en œuvre des tuiles vernissées, ce qui est assez rare : il n'en existe plus de fabricant en Belgique, mais nous avons heureusement trouvé un artisan aux Pays-Bas. Ce sont des techniques particulières, mais très intéressantes.
C'est donc la concrétisation d'un dossier vieux de plus de 20 ans. Les besoins de rénovation avaient déjà été évoqués en 2004. Mais pourquoi aura-t-il fallu attendre aussi longtemps ? Réponse d'Alexandre Borsus :
Un premier chantier de protection de la façade et du pignon de la chapelle a été réalisé en 2014. Ensuite, il a fallu monter le dossier, obtenir les subventions auprès de la Région et adapter à plusieurs reprises le cahier des charges. L'architecte du chantier avait d'ailleurs été désigné dès 2004. Cela montre à quel point ce dossier remonte à loin.
Le chantier a débuté en juin et doit durer environ un an. Coût total : 720.000 euros, dont 220.000 euros de subsides de la Région. Il s'agit d'un budget conséquent, mais nécessaire pour préserver et entretenir ce véritable fleuron du patrimoine de Somme-Leuze.