Le conseil communal de Dinant a approuvé la taxe dite « kayak » en séance publique et devant une dizaine d’employés de Dinant Evasion. Un vote qui ne clôt certainement pas la polémique.
La taxe sur la mise à l'eau des embarcations, dite taxe « kayak », est revenue sur la table du conseil communal de Dinant ce lundi. Votée à huis clos lors de la dernière séance, ce qui est illégal, la taxe a été revotée cette fois en séance publique et en présence du patron, Olivier Pitance, et d'une dizaine d'employés de Dinant Evasion, le seul opérateur concerné par le texte.
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Le texte n'a pas changé depuis octobre et le débat a surtout été l'occasion d'entendre les arguments de l'opposition qui, sans surprise, tire à boulets rouges sur la nouvelle méthode de calcul de la taxe.
Plus il y a de kayaks, plus on paie
L'échevine des finances, Chantal Clarenne, a résumé d'abord très brièvement le principe du texte. Il s'agit d'une taxation graduelle : plus il y a de kayaks sur la Lesse, plus on paie. Les 500 premiers coûtent 80 euros par an, puis cela augmente pour arriver à 130 euros à partir de 1.000 kayaks.
Il s'agit de favoriser une réduction du nombre de kayaks sur la Lesse. Pour 2.000 kayaks, sur trois ans, on passera de 650.000€ à 663.000€. Si on réduit à 1.500 kayaks, la taxe passe de 487.000€ à 468.000.
Trois précisions de taille : la taxe est calculée sur base du nombre de kayaks prévus dans le permis d'environnement et non sur le nombre effectif de kayaks qui descendent la Lesse ; la taxe n'est pas modulée en fonction des fermetures éventuelles du cours d'eau et enfin, elle concerne les bateaux circulant sur la rivière peu importe qu'ils aient été mis à l'eau à Gendron ou à Houyet.
« Je trouve ça honteux »
L'opposition, qui avait bien retenu la leçon de ne surtout pas prononcer le nom d'Olivier Pitance en séance publique, s'est employée à démolir la nouvelle taxe. Morceaux choisis :
Je trouve que cette taxe est exagérée par rapport aux autres communes. Je ne vois pas pourquoi il faut diminuer le nombre de kayaks, aucune étude scientifique ne prouve la nécessité de le faire. La taxe devrait aussi être proportionnelle au nombre de jours d'ouverture. (Alain Besohé)
Madame l'échevine tourne autour du pot, dans tous les cas, c'est une augmentation. Je m'interroge sur la volonté du collège de voir les acteurs sur la Lesse disparaitre. Je trouve ça honteux ! (Niels Adnet)
On a une volonté de ne pas soutenir les opérateurs touristiques sur la Lesse. C'est inquiétant de vouloir mettre à mal un entrepreneur qui emploie 100 personnes en saison. Les kayaks font vivre plein de secteurs à Anseremme, on ne peut pas du revers de la main balayer un acteur touristique sans l'avoir rencontré. (Christophe Tumerelle)
L'exploitant ramasse les déchets, y compris ceux des autres usagers. On ramasse les déchets sur la Croisette, là, c'est l'exploitant qui le fait sans demander un balle à la commune. (Alexandre Terwagne)

A plusieurs reprises, les employés de Dinant Evasion applaudissent les conseillers LDB.
De son côté, la majorité ne répondra que très succinctement aux arguments de l'opposition. Chantal Clarenne, manifestement mal à l'aise, se borne à rappeler qu'il faut partager la Lesse et qu'elle n'est pas la seule à décider, que c'est une décision collective du collège et du conseil communal.
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Finalement, le point est voté, majorité contre opposition. Ce vote ne clôt certainement pas la polémique, on voit mal pourquoi Olivier Pitance qui avait déjà dit tout le mal qu'il pensait de cette nouvelle taxe en resterait là.