Ce collectif a pour objectif de défendre les habitats permanents. Le choix de Hastière pour la première réunion n'est pas un hasard : c'est le commune la plus concernée par ce type de logements
Hastière compte 6.000 habitants, dont 1.500 vivent dans des habitats permanents. Un quart de la population de la commune réside donc dans ces domaines touristiques, où l'on trouve des caravanes, des chalets ou encore des maisons en dur. Sauf qu'habiter à l'année dans un logement touristique est interdit. Une situation qui concerne pourtant près de 12.000 personnes en Wallonie et que la Région tolère aujourd'hui, explique Batiste Donckers, chargé de projet Habitat Permanent pour le RWDH (Rassemblement Wallon du Droit à l'Habitat).
C'est toléré, mais l'interdiction persiste. Et cela fait peur à certains habitants. Je trouvais assez fou que des personnes vivent depuis 40 ans dans cette situation tout en restant, techniquement, dans l'illégalité.
Face à cette situation, le collectif a vu le jour. Plusieurs ASBL y participent, dont le Rassemblement wallon du droit à l'habitat, le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté, H&P - Habitat & Participation ASBL, le RBDL (Réseau brabançon du droit au logement), le Centre de médiation des Gens du Voyage et des Roms en Wallonie, ou encore Nature et Progrès. Toutes se mobilisent pour défendre les habitants des habitats permanents.
Notre collectif essaie de pousser la porte des responsables politiques pour leur dire que les habitants ont aussi des attentes. Nous voulons les écouter et mettre en place des mesures qui correspondent à leur réalité, à leurs besoins et à leur quotidien.
Un avenir incertain ?
Si le collectif se mobilise aujourd'hui, c'est notamment parce que la Région wallonne souhaite modifier le Plan Habitat permanent, établi en 2002. Le collectif se prépare donc à différents scénarios.
Si, par exemple, les fonds actuels du Plan Habitat permanent étaient réorientés vers certains sites, notamment ceux situés en zone inondable, pour les évacuer, cela pourrait accélérer les procédures de relogement et, potentiellement, les expulsions.
Pour l'instant, rien n'est toutefois décidé. Les communes concernées, dont Hastière, se montrent plutôt optimistes. C'est justement dans cette commune qu'a eu lieu la première réunion du collectif. 36 habitants étaient présents pour faire part de leurs attentes en cas de réforme.
Il y a, par exemple, des réseaux d'eau et d'électricité qui sont actuellement gérés par les habitants parce que le site est privé. Si la commune reprenait ces réseaux, sous quelles conditions cela se ferait-il ? Nous essayons donc d'identifier ces conditions avec les habitants et de construire, avec eux, des propositions concrètes.
D'autres réunions seront organisées dans les prochaines semaines dans d'autres communes concernées, notamment probablement à Somme-Leuze, Yvoir ou encore Durbuy. Le collectif entend ensuite porter les revendications des habitants auprès du monde politique.