Sans-abrisme

Le Housing First de Dinant prolongé d’un an, mais son avenir reste incertain

publié le:02/03/2026 16:40:00 - mis à jour: 04/03/2026 14:06:25

Ce dispositif qui vise à sortir les personnes sans domicile fixe de la rue en leur donnant prioritairement un logement, a finalement reçu le feu vert du gouvernement wallon... une confirmation trop tardive.

Le gouvernement wallon l'a annoncé la semaine dernière : 1 million d'€ vient d'être débloqué pour les quatre Housing First ruraux, dont celui de Dinant. Sur le terrain, pourtant, l'enthousiasme n'est pas vraiment au rendez-vous. L'ASBL Logement et Insertion, active dans tout l'arrondissement de Dinant, n'a appris que le 24 décembre 2025 qu'elle pourrait poursuivre ses activités en 2026. Une confirmation trop tardive pour François Prumont, coordinateur de l'ASBL.

C'est une bonne nouvelle, car on gagne une année supplémentaire. Mais la situation reste similaire à l'an passé : on ne sait toujours pas si, en fin d'année, notre activité sera pérennisée. Les périodes de subventionnement sont simplement repoussées d'une année.

Lancé il y a à peine trois ans, le dispositif reste donc sans garantie pour 2027. En attendant, les 250.000€ attribués à l'ASBL dinantaise permettront de continuer à accompagner les personnes sans domicile fixe vers un logement stable.

Nous avons un capteur logement dont le rôle est de trouver des logements traditionnels pour un public spécifique. Il doit établir la confiance avec les propriétaires privés et publics et leur garantir que les personnes accueillies payeront bien le loyer et resteront jusqu'à la fin du bail.

Pour ce faire, ces personnes seront également accompagnées par le Housing First pour gérer leurs démarches administratives et, plus largement, pour se reconstruire sur le long terme.

Impossible d'accompagner plus de gens

Comment rassurer des propriétaires… quand l'avenir de l'ASBL est incertain ? C'est toute la limite d'un financement reconduit d'année en année, explique Maxime Rezette, capteur logement pour le Housing First de Dinant.

Cela crée un malaise. Quand nous nous engageons auprès des bénéficiaires, des propriétaires, des services publics ou des communes pour apporter une solution à une problématique de sans-abrisme, ce manque de vision nous met mal à l'aise. Il est difficile de tenir nos promesses à des partenaires qui nous font confiance.

Autre paradoxe : le budget reste stable… alors que les exigences augmentent. Le gouvernement demande désormais d'accompagner au minimum 30 personnes par an, soit 10 de plus qu'aujourd'hui. Une charge impossible à assumer pour François Prumont.

Avec 30 personnes, le compte est simple : chaque suivi nécessite environ deux heures par semaine. Pour 30 bénéficiaires, cela représente 60 heures de travail hebdomadaires, réparties sur 2,5 équivalents temps plein, sans compter les déplacements. C'est fondamentalement impossible.

Pour l'ASBL, la solution passe par un statut clarifié et un financement structurel, garantissant stabilité et continuité, et offrant plus de sérénité aux équipes. En trois ans, le dispositif a prouvé son efficacité, avec près de 100 % de maintien en logement pour les personnes défavorisées. Une réussite sociale fragile… suspendue aux décisions politiques.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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