Environnement

« À donner, c’est gratuit » : un citoyen fâché dépose un raton laveur devant l'Hôtel de Ville de Dinant

publié le:13/04/2026 13:03:00 - mis à jour: 13/04/2026 20:02:42

Un raton laveur enfermé dans une cage a été déposé devant l’Hôtel de Ville de Dinant ce dimanche. L’animal a été relâché loin des habitations, nous confie-t-on.

Après la buse, c'est au tour d'un raton laveur de se retrouver sur le devant de la scène dinantaise. L'animal, emprisonné dans une cage, a été découvert ce dimanche sur le pas de porte de l'Hôtel de Ville, accompagné d'une pancarte mentionnant : « À donner, c'est gratuit M. Fournaux ».

"A toi de jouer maintenant"

Derrière ce geste, un Dinantais visiblement fâché que la Ville n'en fasse pas assez pour lutter contre la présence du nuisible dans le quartier de Grognaux, situé en lisière de forêt, près de Thynes.

« Le DNF ne veut pas s'en occuper et quand je t'en parle, tu tombes des nues. À toi de jouer maintenant », a lancé le citoyen sur sa page Facebook.

Contacté ce lundi matin, Richard Fournaux reconnaît avoir été informé de la problématique il y a quelque temps, tout en ayant été « pris de cours » et sans en savoir davantage sur l'animal en question. Le bourgmestre rappelle aujourd'hui que la Ville de Dinant dispose de cinq cages et qu'en cas de situation problématique, elle intervient pour piéger l'animal et le « détruire » dans le respect de règles strictes.

Relâché loin des habitations

Un sort plus favorable a toutefois été réservé au captif déposé devant l'Hôtel de Ville. « Le raton laveur a été relâché par deux membres de la commission du bien-être animal dans un bois éloigné des habitations », nous confie ce lundi Richard Fournaux.

Un animal pas si charmant

Car sous ses airs charmeurs, avec son joli masque noir et sa longue queue rayée, le raton laveur est reconnu comme une espèce invasive en Wallonie, explique le SPW Environnement.

C'est un animal a priori charmeur et intelligent, mais avec lequel toute cohabitation est impossible. Il s'attaque aux volailles et aux nichées d'oiseaux, vandalise les poubelles, pille les garde-mangers, s'installe dans les greniers et génère du tapage nocturne. La proximité de l'homme ne le dérange pas nécessairement. Or, il est aussi porteur de maladies qu'il peut transmettre à l'homme ainsi qu'aux animaux domestiques.

Que faire si vous y êtes confrontés?

Originaire d'Amérique du Nord, l'animal a été introduit en Europe pour la chasse et la fourrure au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L'espèce est désormais largement répandue en Europe de l'Ouest, tout particulièrement en Allemagne. En Belgique, leur population est en pleine expansion depuis les années 2010 et sa présence, de plus en plus perceptible, commence à inquiéter.

Dans une brochure éditée par le SPW Environnement, la Wallonie détaille les mesures à mettre en place pour lutter contre la présence du nuisible : de l'élagage des arbres à un mètre de la maison au blocage des chatières, en passant par le stockage des poubelles dans des contenants hermétiques. Mais la règle d'or reste de ne jamais toucher ni apprivoiser l'animal.

Morgane Halloy, Rédactrice en chef adjointe
morgane.halloy@matele.be

 

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