Histoire

Un Rochefortois découvre le passé de résistant de son père

publié le:23/07/2025 12:00:00 - mis à jour: 24/07/2025 16:38:56

Fernand Defoy, résistant rochefortois, n’a jamais raconté son histoire. Il a fallu une lettre retrouvée après sa mort par son fils pour révéler son rôle dans l’ombre.

Dans une lettre découverte récemment par Bernard Defoy, on peut lire les mots d'un chef du Mouvement National Belge de Marche, adressés à Fernand Defoy, le père de Bernard, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il rend hommage aux nombreuses actions menées par ce résistant rochefortois. Son fils raconte :

Les Allemands avaient, pendant la guerre, pris toutes les T.S.F. qu'il y avait dans la région. Donc les gens n'avaient plus de moyen d'écouter la radio de Londres. Papa a fait un petit journal de deux pages, qu'il avait appelé Ici Londres. Il donnait les infos, tout ce qu'il fallait, et il revendait ce journal. Et tout l'argent qu'il a récolté, il l'a donné à des gens dans le besoin. Des familles avec enfants, qui n'avaient rien.

Né en 1919, Fernand n'avait qu'une vingtaine d'années lorsqu'il s'engagea dans la Résistance. Il rejoint le MNB en 1944, après avoir servi dans le Front de l'indépendance, et participe activement aux missions de renseignement. Il fait aussi partie des Rochefortois qui ont caché et aidé des soldats américains, rescapés d'un crash provoqué par un bombardier allemand. Ce document, c'est Bernard qui l'a retrouvé dans le portefeuille de son père, après son décès, il y a quelques années. Il était loin d'imaginer l'histoire qu'il tenait entre ses mains :

J'ai eu des échos des compagnons d'armes, des soldats américains qu'il avait aidés. Mais sinon, papa ne parlait jamais de rien. Un jour, je lui ai demandé : Pourquoi tu m'as laissé jouer avec tes trois ou quatre médailles, et pourquoi tu ne les as jamais gardées ? Il m'a juste répondu qu'on ne faisait pas la guerre pour des médailles.

Des années plus tard, le parcours de son père inspire Bernard. Ce document est aujourd'hui l'un des objets les plus précieux de la famille :

Je suis fier de mon père.

Fiorine Guéry, Journaliste
fiorine.guery@matele.be

 
 

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