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Une personne sans-abri sur trois vit dans une petite commune en Wallonie

publié le:16/12/2024 12:00:00 - mis à jour: 15/01/2025 15:17:04

Le sans-abrisme concerne aussi les petites communes. C’est ce qui ressort d’une étude de l’UCLouvain en partenariat avec la fondation roi Baudouin.

Un tiers des personnes sans-abris ou sans-chez-soi habite dans des communes de moins de 15.000 habitants. C'est en tout cas ce qu'a révélé une étude de l'UCLouvain dans le cadre d'un grand recensement national, Martin Wagener, professeur et chargé de l'étude pour l'UCLouvain précise : 

Historiquement, nous collections les chiffres plutôt dans les grandes villes auprès des acteurs du sans-abrisme. De cette manière, nous ne recensions que les personnes en rue ou dans des centres d'accueil. Cela fait maintenant quatre ans que nous faisons un grand dénombrement en Belgique. Nous demandons à tous les services sociaux, de santé et autres s'ils connaissent des personnes qui ont un problème de logement ou une absence de logement. Nous nous assurons de ne pas avoir de double comptage. Cette méthode nous permet de tenir compte également des communes rurales et donc d'aller sur des territoires où il y a un sans-abrisme moins visible.

Dinant n'échappe pas à la règle

Grange, caravane, cohabitation précaire, les refuges de fortunes sont multiples. Dinant, n'échappe pas à la règle, ajoute François Prumont, coordinateur de l'asbl Logement et Insertion. Dans cette commune aussi, on fait face à une problématique de sans-abrisme.

Il faut savoir qu'à Dinant, on parle parfois aussi “d'appel d'air”, comprenez par là des sans-abris qui viennent des villes en milieu rural. Ça existe, mais nous constatons aussi que nos bénéficiaires sont, pour la plupart, des personnes qui sont à Dinant depuis des années et qui connaissent des problématiques de logements depuis longtemps. Ils ont réussi à créer leur propre réseau d'entraide, c'est pour cela qu'ils apparaissent moins dans la rue.

Des spécificités liées au milieu rural 

Ce pourcentage plus élevé dans les petites communes wallonnes s'explique en partie par la proportion plus importante de petites communes en Wallonie. François Prumont explique que c'est une sorte de sans-abrisme rural qui a ses spécificités.

Suite à la crise du covid, beaucoup de personnes ont mis leur bien en location pour de la seconde résidence donc il y a beaucoup moins d'offres. L'offre et la demande c'est ce qui fait le marché. Du coup, les loyers des appartements disponibles sont en train d'augmenter. Un autre problème, c'est que, comparé à une grande ville, tout se sait et beaucoup de monde se connaît en milieu rural. Parfois, un propriétaire refuse de louer un bien à quelqu'un parce qu'il connaît sa situation.

Des profils loin des stéréotypes

Martin Wagener ajoute qu'il y aurait un peu plus de 19.000 personnes sans-abri ou sans chez-soi en Wallonie avec des profils loin des stéréotypes.

Les profils se ressemblent très fortement dans les grandes villes et dans les petites communes. Il y a beaucoup de personnes avec des problèmes de santé mentale. Il y a presque autant de personnes qui ont des problèmes d'assuétude. Par contre, dans les petites communes, les personnes sans-abris sont plus souvent des femmes ou des personnes plus âgées. Ces personnes sont plus souvent cachées. 

Près de 1.500 mineurs en errance vivent ainsi dans les petites communes wallonnes. Des chiffres toujours plus précis puisque ce recensement national est toujours en cours. Prochaine étape pour les chercheurs, se rendre sur le terrain et échanger avec les associations locales.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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