Un projet baptisé "Specularia" de recréation de vitres comme le faisaient les Romains est mené à La Malagne, en collaboration avec l'UNamur. Le site rochefortois est spécialisé dans l'archéologie expérimentale
L'archéoparc de Rochefort, la Malagne, va héberger une expérience de reconstitution de vitres romaines dans les prochains mois. Le projet est baptisé "Specularia", un terme qui signifie vitre en latin.
Au fur et à mesure des années, La Malagne a fait de l'archéologie expérimentale une de ses spécialités, mais ce n'est pas la seule raison qui pousse le site rochefortois à accepter cette expérimentation, dévoile la directrice, Françoise Fontaine :
Nous avons eu une expérience de moisson antique, de jardins romains, de cervoise... Le site est tout à fait adapté pour accompagner et accueillir ce genre d'expérience et notre but est de rendre ce genre de recherches accessibles au grand public. Aussi, nous avons trouvé du verre qui daterait de la période Pax Romana.
Dans le cadre du projet de reconstitution de vitres romaines, deux fours en argile vont être créés dans le site de la Malagne. Une chercheuse de l'Université de Namur, Géraldine Frère, est à la manœuvre de cette étude.
Dans la littérature scientifique jusqu'à présent, on admettait que les vitres romaines étaient coulées puis tirées à l'aide de pinces. Mais une étude réalisée en Angleterre a mis en œuvre d'autres protocoles.
Explication de la procédure
Si le verre ne peut pas être coulé directement, Géraldine Frère a imaginé un système avec un cadre chauffé au préalable.
Le premier four est un four avec des creusets dans lequel on va venir mettre les morceaux de verre. Une fois qu'il sera fondu, le verre en fusion sera versé dans le cadre en terre cuite, qui aura été préalablement chauffé et dans lequel on aura tapissé le fond par un agent de démoulage, ici, un mélange de chaux et d'argile. Puis une fois que l'on a obtenu la forme que l'on voulait, on met le verre dans le four de recuisson pour le solidifier et éviter qu'il ne craquelle.
Pour réaliser son expérience, Géraldine Frère s'est entourée de maîtres verriers, Allain Guiullot et les Infondus, habitués à travailler sur des reconstitutions d'époque.
Cela sera une belle avancée dans notre compréhension de l'Histoire et de comment les Romains travaillaient le verre à leur époque.
Tout le processus de création des fours et des vitres va être documenté par Géraldine Frère. Une fois l'expérience terminée, les fours ne seront pas détruits. Ils serviront à l'archéoparc qui les utilisera afin de réaliser des animations pédagogiques.
Pour mener à bien l'expérience, le département d'Archéologie de l'UNamur est à la recherche de 10.000 euros. Un financement participatif a été lancé sur le site de l'université.