Environnement

Votre jeans de seconde main peut-il sauver la planète?

publié le:18/04/2019 13:08:00 - mis à jour: 19/04/2019 15:10:57

Votre jeans de seconde main peut-il sauver la planète?

Chantal Bouakil a créé un magasin de vêtements de seconde main il y a 30 ans. Si le concept bénéficie de la prise de conscience environnementale, il n'est pas plus rentable qu'avant, la concurrence est là.

Chantal Bouakil a créé un magasin de vêtements de seconde main à Dinant il y a près de 30 ans. Si, aujourd'hui, son commerce s'appuie sur une certaine prise de conscience environnementale, il n'est pas économiquement plus enrichissant qu'avant. La concurrence est réelle dans le secteur et l'utilisation d'internet pour la revente de vêtements usagés entre aussi en considération dans cette réalité de l'économie circulaire. 

Quand Chantal Bouakil s'est lancée dans l'aventure, le terme d'économie circulaire n'était pas encore à la mode. La formule était plutôt confidentielle. Actuellement, la récup' est dans l'air du temps. Le magasin n'est pas plus rempli pour autant parce qu'il y a la concurrence des institutions comme Oxfam ou la Croix-Rouge, par exemple mais aussi des sites internet de revente. Ceux-ci sont peut-être plus appréciés par un public jeune.

Des règles strictes 

La boutique de Chantal "Abracadabra" est née d'une idée toute simple: lancer un projet commercial à moindres frais, sans devoir acheter un stock de marchandises. Le stock, ce sont les vêtements que ses 300 “vendeuses “ lui apportent en dépôt.

Pour pouvoir mettre des articles en dépôt dans la boutique de Chantal Bouakil, il faut qu'ils soient à la mode, en bon état, pas tachés, pas décousus, propres et repassés. Les clientes habituées viennent pour des vêtements de marques, les jeunes pour la démarche de la récup.

Le seul bémol que Chantal souligne actuellement, c'est le taux de TVA de 21 % applicable pour le commerce indépendant dans une activité qui dégage de toutes petites marges bénéficiaires.   

Les chiffres monstrueux de l'industrie textile

L'achat de vêtements de seconde main s'inscrit dans une démarche environnementale. En effet, l'industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante de la planète juste derrière la pétro-chimie. Un simple t-shirt en coton nécessite 2.700 litres d'eau pour le produire, 25 mètres carré de terres cultivables et quelques 7000 composants chimiques différents. Le t-shirt va aussi parcourir en moyenne 65.000 kilomètres entre le champ de coton et votre garde-robe. Ces chiffres ne concernent qu'un seul t-shirt mais chaque année, dans le monde, on produit 80 milliards de vêtements et on estime que les 3/4 ne seront jamais portés. En Europe, on jette ainsi 4 millions de tonnes de vêtements par an.

 

Isabelle Martiat Journaliste
isabelle.martiat@matele.be

 

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