Santé

Vresse-sur-Semois cherche ses futurs médecins : l'opération séduction est lancée

publié le:12/06/2026 17:37:00 - mis à jour: 14/06/2026 12:38:59

Professionnels de la santé et élus se sont réunis à Alle-sur-Semois, en présence du ministre wallon Yves Coppieters, pour débattre de l’accès aux soins et de la pénurie de médecins en milieu rural.

C'est beau, mais c'est loin ! Vresse-sur-Semois a tout pour séduire, mais son isolement géographique freine encore l'installation de nouveaux médecins. Pourtant, l'espoir demeure pour les habitants de la région. Clémentine Hoste et Marie-Eve Abouhamad, étudiantes en médecine, effectuent actuellement un stage en Ardenne namuroise.

"C'est plus varié qu'en ville"

Cette immersion en milieu rural, au bord de la Semois, ne les laisse pas indifférentes. Vont-elles pour autant poser leurs valises à Vresse-sur-Semois une fois diplômées ?

Clémentine Hoste :

Je n'ai pas encore fait mon choix. Avant, je ne me projetais pas du tout dans la médecine générale, et encore moins dans un milieu aussi "reculé". Mais aujourd'hui, je me pose de plus en plus de questions. Je ne suis pas encore décidée, mais les situations que l'on rencontre en milieu rural sont, à mes yeux, beaucoup plus variées et intéressantes que celles que l'on retrouve en ville. 

"On touche à tout"

Marie-Eve Abouhamad :

En milieu rural, on touche davantage à tout. Les hôpitaux sont plus éloignés, ce qui oblige les médecins généralistes à pratiquer certains gestes qu'on ne réalise plus forcément en ville. Rien qu'aujourd'hui, j'ai retiré un ongle. En ville, ce type d'intervention est souvent directement orienté vers l'hôpital. 

Opération séduction

Leur présence à Vresse-sur-Semois et à Bièvre ne doit rien au hasard. Si ces deux futures médecins effectuent leur stage en Ardenne, c'est aussi grâce à une véritable opération de séduction destinée à attirer les jeunes praticiens vers les zones rurales. Pour faciliter leur séjour, la commune de Vresse met notamment un gîte à leur disposition pendant toute la durée de leur stage.

Arnaud Allard, bourgmestre de Vresse-sur-Semois :

L'appel est lancé. Nous ferons tout pour accueillir des médecins dans les meilleures conditions. Quand on entend le témoignage de ces stagiaires, c'est porteur d'espoir. Nous espérons que, dans trois, quatre ou cinq ans, lorsqu'ils seront diplômés, ils se souviendront de leur première expérience ici et de l'accueil qui leur a été réservé.

Pénurie de médecin et accès aux soins de santé

Si la commune fait sa part pour attirer de nouveaux médecins, la Région wallonne se montre également attentive à l'accès aux soins en milieu rural. Cette problématique, qui relève aussi du niveau fédéral, concerne de nombreuses zones isolées du sud du pays.

Yves Coppieters, ministre wallon de la Santé :

La première solution consiste à augmenter le nombre de médecins formés. Un effort important a déjà été réalisé au niveau fédéral. Dès l'an prochain, plus de 130 médecins francophones supplémentaires pourront être formés au-delà du quota actuel. Parmi eux, au moins 50 % seront destinés à la médecine générale. Il faut aussi faciliter l'installation de ces médecins dans les zones rurales. En Wallonie, nous disposons notamment du dispositif Impulseo, qui prévoit des primes à l'installation, une aide administrative ou l'aide à la pratique dans des collectivités médicales.

Au-delà des constats et des inquiétudes, ce colloque a surtout mis en lumière la solidarité qui unit les professionnels de la santé en Ardenne namuroise et luxembourgeoise. Médecins, kinésithérapeutes, pharmaciens et infirmiers partagent une même ambition : garantir un accès aux soins de proximité dans les territoires ruraux.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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