13 août 1914: le calme avant la tempête
publié le:13/08/2014 07:00:00 - mis à jour: 13/08/2014 10:03:10
Deux jours avant la terrible bataille du 15 août à Dinant, les différentes sources (soeurs de Maredret, curés de village, bourgmestre de Dinant) semblent n'avoir aucun élément saillant à rapporter. Ni escarmouche, ni exaction... Comme si l'armée allemande rassemblait ses forces...
Dans deux jours, Dinant connaîtra une bataille énorme, douloureuse, et sera l'enjeu majeur de la traversée de la Meuse par l'armée allemande. En attendant, l'armée française, sentant l'offensive, se positionne:
"Dès la pointe du jour du 13 août 1914, de nombreuses reconnaissances partent de différents côtés pour explorer les hauteurs de la rive droite où l'ennemi s'enhardit de plus en plus.
A 11h, le colonel Cadoux reçoit l'ordre de procéder immédiatement à une nouvelle répartition, entre les bataillons du 148ème, des pont de la Meuse depuis Anseremme jusque Lustin. L'état-major du régiment, la compagnie hors-rang et le 2ème bataillon quittent Dinant pour se rendre à Bioul. Le 3ème bataillon remplace ces troupes aux ponts de Dinant et Bouvignes.
(...) Bien que le danger s'annonce menaçant dans la région de Dinant, la nouvelle garde des ponts se trouve, le vendredi 14 août, plus faiblement constituée qu'avant la relève. Là où il y avait six compagnies, il n'y en a plus que quatre." (Source: Le sac de Dinant, Schmitz et Nieuwland)
Dans son journal, le bourgmestre de Dinant François Bribosia note "qu'on s'attend à une attaque":
"Arrivée à Dinant d'un régiment de chasseurs à cheval français. (...) La garde civique a été licenciée, les armes vont être expédiées à Anvers. Par ordre du bourgmestre, les armes appartenant aux particuliers ont été déposées à l'hôtel de ville. On s'attend à une attaque.
Le bourgmestre adresse une proclamation aux habitants de Dinant. Il les avertit que les civils ne peuvent en aucune façon prendre part aux hostilités. Il invite ses concitoyens à respecter les prisonniers et à donner leurs soins à tous les blessés sans distinction de nationalité."
Par contraste, les annales des sœurs de Maredret offrent une anecdote insolite qui fait sourire à la date du 13 août:
"Un villageois des environs a trouvé un casque prussien, qu'il rapporte chez lui comme un trophée, l'idée lui vient de tirer un heureux parti de sa trouvaille, il fait savoir que tout le monde peut venir le voir moyennant 10 cent. d'entrée que l'on verse au profit de la croix rouge. Le casque prussien, rapporte 100 francs"