Treize directeurs d’écoles fondamentales libres de Ciney ont écrit une lettre à la ministre de l’enseignement, car leur charge de travail est trop lourde et cela s’est accentué avec la pandémie.
Les manquements du secteur de l'enseignement n'ont peut-être jamais été aussi visibles que depuis la crise du Covid-19. Samuel Farcy, le directeur de l'école fondamentale libre de la Providence de Ciney, voit sa charge de travail augmenter. Par exemple, si deux élèves d'une même classe sont positifs, la classe est fermée. Cela entraîne un travail administratif chronophage pour la direction:
On doit contacter tous les parents pour les prévenir. Si la classe est constituée de 25 enfants, ça fait autant de coups de fil donc à la fin de la journée, cela fait beaucoup de temps qu'on y consacre.
Cette surcharge de travail, certains directeurs n'arrivent plus à la supporter. Au début de la crise, lorsqu'on pensait que ce serait un court moment à passer, cela ne posait pas de problème. Aujourd'hui, ces tâches supplémentaires sont récurrentes, alors d'autres solutions doivent être trouvées, d'après eux. C'est pour cela qu'avec douze autres directeurs de l'entité de Ciney, Samuel Farcy a écrit un courrier à la ministre de l'enseignement pour que cette situation change:
On a l'impression qu'on met tout en place de notre côté, mais que le soutien qui avait été promis n'est pas là. On a reçu des moyens, mais c'est bien insuffisant. Sur le terrain, on ne sent pas de différence dans notre travail.
Une revalorisation des salaires
Les directeurs attendent aussi une revalorisation de leur salaire, promise dans le nouveau pacte d'excellence, mais qui n'arrive pas. Samuel Farcy explique qu'on est directeur même le week-end et on ne compte pas ses heures alors il faut de la reconnaissance.
Autre point: pour ce collectif de directeurs, les fonctions de tracing covid doivent être effectuées par les Services de Promotion de la santé à l'école (PSE):
Il faudrait engager du personnel dans le PSE. Au niveau de l'école, on ne devrait plus avoir qu'à dire: nous avons un cas. Le PSE a la liste de nos élèves et eux se chargeraient de la suite avec les parents. On sait qu'eux aussi croulent sous le travail, donc il faudrait embaucher du monde à cet effet.
La crise fait ressortir un problème connu dans l'enseignement: la pénurie de profs. Lorsque qu'ils sont plusieurs à être positifs, c'est encore plus la panique qu'avant la crise puisqu'on ne peut pas recaser les élèves dans les autres classes, ajoute le directeur:
Le prof n'est pas là, mais les élèves sont négatifs et viennent à l'école donc c'est un peu une garderie improvisée. Une éducatrice, une secrétaire, ou moi-même: on s'occupe des enfants. On essaie de faire un cours ou l'autre si on peut, mais c'est très, très compliqué.
Le directeur et ses collègues ont une réunion avec la ministre le 2 décembre prochain pour que des solutions soient trouvées. Ils sont rattachés à l'entité de Ciney, mais dirigent des écoles à Ciney même, mais aussi Yvoir et Dinant.