14 août 1914: la bataille est imminente, la population a peur

publié le:14/08/2014 07:00:00 - mis à jour: 14/08/2014 17:08:30

Suite à une rumeur un peu folle comme seule la guerre peut les engendrer, les villages autour de Rochefort se vidèrent de leurs habitants qui fuirent dans les campagnes. A Anseremme, les Allemands vidèrent leurs mitrailleuses sur le pont. L'offensive est imminente.

Le 14 août 1914, les sœurs de Maredret consignèrent dans leurs annales:

"Plusieurs combats sérieux ont eu lieu, mais ce n'est pas encore la grande bataille décisive que l'on attend et qui est inévitable."

Cette observation résume bien la situation à la veille de la première bataille de Dinant.

A Conjoux (Ciney), des combats violents éclatèrent près de la ferme de Bry. A Villers-sur-Lesse (Rochefort), une trentaine de cavaliers allemands venant de la ferme de Vachaux furent assaillis par une patrouille française.

A Villers-sur-Lesse toujours, le curé, M.Siot, rapporta cette scène "lamentable":

"Le bruit s'étant répandu que les Allemands étaient arrivés à Waha et y avait réquisitionné tous les hommes de 17 à 40 ans pour faire des tranchées et ensevelir les morts, la panique se répandit de village en village, jusque On, Rochefort, Eprave et Lessive, pour s'arrêter ici où l'on était, semblait-il, sous la protection des français. La population se souviendra toujours de ces gens apeurés, fuyant à travers la nuit, portant un paquet, un pain ou un jambon, poussant une charrette, de ces appels déchirants de femmes et d'enfants... Ils furent accueillis avec une délicatesse touchante par les soldats français, qui se dépensèrent beaucoup pour faire renaître la confiance et le calme." (Source: l'invasion allemande, Schmits et Nieuwland)

A Anseremme, l'infanterie allemande, appuyée par des mitrailleuses, engagea le combat. L'abbé Legrand, curé d'Anseremme, rapporta:

"A 17h des forces allemandes considérables s'avancèrent sur la rive droite de la Meuse jusque Hordenne et s'y établirent au-dessus de la maison du garde, avec des mitrailleuses, dont ils dirigèrent le feu sur le pont du chemin de fer, où se trouvaient les Français. Ceux-ci répondirent à l'attaque et la fusillade dura une heure et demi sans résultat." (Source: l'invasion allemande, Schmits et Nieuwland)

Cette fois, notèrent les historiens Jean Schmitz et Norbert Nieuwland, "la situation devint grave et le haut commandement d'armée comprit la nécessité d'empêcher d'urgence l'ennemi de traverser la Meuse."

Les troupes seront en place pour 3h du matin le 15 août. Juste à temps...

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