16 août 1914: l'armée allemande de plus en plus féroce
16/08/2014 07:00:00
Après la cuisante défaite du 15 août à Dinant, les forces allemandes se sont repliées sur les villages avoisinants, et multiplie les actes féroces et les extorsions.
Après la bataille du 15 août, la journée du 16 août 1914 fut calme sur le front de guerre. Les deux armées, épuisées, reprennent force. Mais l'armée allemande ne digère pas son échec et multiplie les exactions dans les villages autour de Dinant.
Ainsi, le 16 août 1914, le baron Guy de Vallenfagne, bourgmestre de Sorinne, note:
"Au village les vexations battent leur plein. Les habitants se groupent par trois ou quatre familles, abandonnant leurs maisons au pillage. (...)
Durant la nuit, monsieur le curé et moi-même sommes retenus comme otages pendant quelques heures et l'on accuse les civils de tirer sur les soldats. L'échevin Remy est menacé de mort à cause d'un coup de feu qui serait parti de sa maison; l'enquête révèle finalement qu'un cheval a marché sur une cartouche. Dès ce moment le village est condamné. Un officier dit à une dame de Taviet: "Maintenant à Sorinne tous kaput! Village brûlé et civils fusillés!"
A Ciney, le conseil communal remet une amende de 10.000 marks à l'occupant. Cette "amende" a été décidée la veille par le général-major allemand en raison de coups de feu tirés par des civils belges sur les Allemands. Un soldat allemand a eu une partie de phalange enlevée. La première amende est de 30.000 marks, mais le conseil communal chargé de réunir la somme n'y parvient pas et obtient un allègement de la sentence. Une affiche signée du bourgmestre Delooz est apposée aux murs:
"Le général-major commandant la division de cavalerie de la Garde m'a fait savoir que deux coups de feu ont été tirés, cette nuit, sur des officiers allemands dont l'un a été blessé.
Il exige que j'informe d'urgence les habitants de ce que la moindre manifestation contre les troupes allemandes sera suivie immédiatement du bombardement de la ville. (...)
J'engage vivement les habitants à se conformer à cet avis et à observer plus que jamais le calme le plus complet."
A Achêne, Joseph Deskeuvre, 67 ans, un ancien instituteur, arrêté la veille avec son fils parce qu'on avait trouvé un vieux fusil chez lui, est condamné à être fusillé. L'homme, à bout de forces, est incapable de se défendre. Les soldats incendient sa maison et le fusillent vers midi, dans la campagne entre Achêne et Liroux. Il faudra deux jours de supplications et de démarches de la part de sa famille pour pouvoir enlever le corps.