17 août 1914: Evrehailles bombardée
17/08/2014 07:00:00
L'armée allemande, nerveuse après sa défaite du 15 août, se montre de plus en plus menaçante vis-à-vis de la population. A Scy, un aumônier allemand confie au curé: "Dinant se souviendra du 15 août". Le sort funeste des habitants de Dinant était déjà scellé.
Apeurés, les civils commencent à quitter leurs maisons dans certains villages, comme à Purnode ou Evrehailles.
A Purnode, le 17 août, les habitants s'enfuient dans les bois et les villages voisins; les vieilles femmes elles-mêmes abandonnent les maisons. Le curé, M.Morelle, resta presque seul au poste.
A Evrehailles, les cloches sonnent le 17 août pour les obsèques d'un habitant tué lors d'une fusillade. L'ennemi y vit-il un signal? Toujours est-il que vers 11h, l'artillerie allemande lança une centaine d'obus qui endommagent la voûte de l'église, le château et de nombreuses maisons. Le village est abandonné juste après cette attaque par de nombreux habitants qui gagnent Fumy, Harnoy et Yvoir; certains reviennent en soirée ou le lendemain matin pour soigner les bêtes. Deux heures après le bombardement, trois soldats allemands reviennent au village et annoncent aux rares passants qu'ils avaient puni le village "parce qu'un des leurs avait été tué par les civils entre Evrehailles et Purnode".
A Sorinne, le curé, M.Piette, rapporte aussi cette nervosité de la soldatesque allemande:
"Le 17, à 1h du matin, von Rogister envahit tout à coup ma chambre: "On a tiré dans votre village, dit-il, c'est malheureux pour vous! Nous allons faire une perquisition et si elle est défavorable, vous serez fusillé! - Si l'enquête est sérieuse, répondis-je, je n'ai rien à craindre, mes gens n'ont garde de tirer!" A 5h il m'apprit que l'enquête était favorable. Au repas de midi, comme je lui reprochais cette alerte de nuit, il avoua que ses soldats avaient tiré." (Source: L'invasion allemande, Schmitz et Nieuwland)