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20 ans après son premier sacre à Roland-Garros, Justine Henin raconte "Juju"

publié le:06/06/2023 15:08:00 - mis à jour: 08/06/2023 18:54:36

Crédits BELGA

Il y a 20 ans, jour pour jour, s'écrivait l'une des plus belles pages du sport belge. Justine Henin remportait Roland-Garros pour la première fois de sa carrière. Retour sur les débuts de la Rochefortoise.

Le 7 juin 2003, une jeune Rochefortoise bluffe le monde du tennis sur la terre battue de Roland-Garros. Justine Henin devient la première Belge à remporter un tournoi du Grand-Chelem. Mais alors que la planète entière découvre la championne, à Rochefort, sa ville natale, on connait "Juju" depuis ses débuts:

J'étais même la "petite Juju" à Rochefort. C'est d'ailleurs le seul endroit où j'accepte que l'on m'appelle encore de cette manière. C'était le surnom que j'avais dans ma famille. Je suis vraiment très fière de mes racines rochefortoises. Je prends encore un plaisir énorme à y retourner aujourd'hui, plusieurs fois par mois.

Très vite, la "petite Juju" se fait remarquer dans la région, d'abord sur les terrains de football, au milieu des garçons.

J'ai toujours pris un malin plaisir à rendre les garçons un peu fous sur le terrain. J'ai grandi avec eux et cela m'a donné beaucoup de caractère, de condition physique et d'agilité pour la suite dans le tennis. Après, il a fallu faire un choix. Mes parents trouvaient que le football devenait trop dangereux à l'âge de douze ans et le tennis prenait de plus en plus d'ampleur. J'ai donc arrêté le foot, sans regret aujourd'hui. Mais j'en ai été très triste sur le coup.

C'est finalement sur les courts de tennis que Justine montre toute l'étendue de son talent, au point de susciter rapidement l'enthousiasme dans la commune.

J'étais discrète à l'époque mais je n'ai pas tardé à affirmer que je voulais être une championne. Cela faisait sourire. Il y avait forcément des gens qui se disaient que mon rêve était absolument dingue. Tout le monde a commencé à suivre mes résultats, les uns après les autres. Les résultats ont suivi avec une victoire dans un tournoi international, puis à Roland-Garros juniors. Là, tous ces gens qui m'ont vu grandir ont commencé à se rendre compte que l'histoire devenait sérieuse.

Cela devient même plus que sérieux, Justine ne se contente pas de performer chez les juniors. Son passage chez les professionnelles est un exemple à tous les niveaux: premier tournoi à Anvers, première victoire sur le circuit WTA et une première participation au tableau final de Roland-Garros chez les seniors. Sa carrière semble toute tracée, la Rochefortoise marche sur les traces des plus grandes championnes de son sport.

Du Parc des Roches à la Porte d'Auteuil

Les années passent et l'engouement autour de "Juju" grandit à vitesse folle. Désormais, le pays tout entier s'emballe pour les exploits de la Rochefortoise et de sa grande rivale flamande Kim Clijsters.

Quand je me suis qualifiée pour jouer ma première finale à Roland-Garros contre Kim, Carlos Rodriguez, mon coach, m'a isolée de tout ce qui se passait en Belgique. Il ne voulait pas que je sois dépassée par le moment. Il faut arriver à rester connectée à ce qu'on vit sur place et après, on peut savourer. À la limite, je n'ai pu le faire qu'après ma carrière, dans le partage avec les gens, quand ils me racontent.

Cette finale à Roland-Garros, Justine en rêvait depuis toujours. Elle s'impose face à sa compatriote en deux sets et remporte le premier Grand-Chelem de sa jeune carrière. Au moment des remerciements, ses premiers mots sont pour sa maman disparue.

Je voulais qu'elle sache que j'y étais arrivée. Qu'elle ne devait pas s'inquiéter pour moi. À l'époque, j'ai 21 ans. C'est un rêve de petite fille qui se réalise. Là, pour le coup, je suis un peu dépassée par l'instant.

La suite de sa carrière, tout le monde la connaît. Une place de numéro 1 mondiale, six autres titres du Grand-Chelem, quatre masters remportés, une Fed Cup soulevée avec la Belgique et une médaille d'or aux Jeux Olympiques. Un palmarès hors norme pour la plus grande sportive belge de tous les temps.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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