22 août 1914 à Dinant: l'impossible exode
22/08/2014 07:00:00
Au lendemain de l'équipée criminelle des Allemands dans la rue Saint-Jacques, la population est atterrée. On pressent une catastrophe, nota le bourgmestre François Bribosia. Les habitants tentent de fuir la ville par le fleuve mais à midi l'armée française refuse les traversées. Le piège se referme.
Au lendemain de l'équipée meurtrière qui fit sept morts, le futur bourgmestre François Bribosia note le 22 août 1914 dans son journal:
"La population est atterrée, des centaines de Dinantais quittent la ville. Le conseil communal se réunit à l'hôtel de ville. On demande l'avis du général de brigade français s'il n'y a pas lieu de faire évacuer la ville. Le général répond qu'il ne peut donner aucun conseil mais que ceux qui quitteront la ville pour passer sur la rive gauche ne pourront plus rentrer chez eux.
Le conseil cherche alors le moyen de rentrer en négociation avec l'Etat-Major allemand afin d'éviter la catastrophe que l'on pressent. Impossible de savoir où il se trouve... On fait une enquête sur les événements de la nuit, on apprend que les soldats qui ont envahi la ville avaient préalablement pillé une cave et s'étaient enivrés. (...) On sent que de graves événements se préparent.
Vers 4h de l'après-midi, le pont d'Anseremme saute, celui de Bouvignes également, quelques coups de canon sont échangés, on se fusille et on se mitraille d'une rive de la Meuse à l'autre."
Le pont de Dinant étant barricadé, c'est sur de grandes barques que l'exode des Dinantais vers la rive gauche s'effectue lentement et péniblement. A midi, des ordres formels arrivent du Quartier Général: on ne passe plus. A partir de ce moment, les Dinantais l'ignorent mais ils sont perdus.