À Yvoir, la mandature actuelle navigue autour de 6 gros projets urbanistiques. Qui dit projet, dit passage à la caisse, la majorité doit donc établir un plan de financement solide pour éviter le naufrage.
À Yvoir, au moins six gros projets urbanistiques sont sur la table: la salle de Mont, la maison rurale de Godinne, la création de l'école Dorinne-Spontin, la rénovation des complexes sportifs de Purnode et de Godinne, mais aussi l'agrandissement de la maison communale.
Yvoir veut rénover ses infrastructures et trois ans après l'élection de la coalition actuelle, l'opposition a chiffré ces projets dont la facture est salée. Ils coûteront, selon elle, 14 millions d'euros dont 6 millions à charge de la Commune. Patrick Evrard, le bourgmestre, explique que certains d'entre eux datent d'avant le mandat de l'équipe actuelle:
Si on prend l'exemple de la maison rurale de Mont, c'est un projet du plan communal de développement rural (PCDR) d'Yvoir. Cela fait plus de 10 ans que ce projet est en maturation. Il est passé dans une phase d'opérationnalisation au court de la législature précédente. Nous l'avons poursuivi, car c'est un projet important du PCDR.
À côté des projets anciens, il y a les nouveaux comme la création d'une école entre Dorinne et Spontin. Depuis qu'il a été annoncé, des habitants se sont positionnés contre et l'opposition voudrait qu'on pense un peu plus au porte-monnaie, comme le détaille leur chef de file EPY, Bertrand Custinne:
Quatre millions d'euros d'investissement, ce n'est pas anodin. Pour ce projet, on se pose des questions sans avoir tranché: n'aurait-il pas été intéressant d'investir sur les sites actuels de façon plus économe avec la même garantie d'amélioration du cadre pour nos enfants et le personnel?
>>> A LIRE AUSSI : Une pétition contre l'école de Dorinne-Spontin
"Rénover coûte plus cher que construire"
À cette question, la majorité répond que rénover coûte plus cher que construire. Et puis, selon elle, si autant de projets se chevochent, c'est en partie à cause de l'explosion démographique dans la commune ces trente dernières années. Les besoins des habitants ont donc évolué. Néanmoins, par la voix du bourgmestre, tous les partis sont d'accord pour dire qu'avant 2010, les investissements sommeillaient:
Le problème ne date pas de la législature précédente où plusieurs projets ont été amorcés. Je pense que ce qui a été un déclencheur c'est la création d'un PCDR à Yvoir. Plusieurs besoins sont apparus puisqu'il est né de la concertation avec les citoyens et les associations. Il faut reconnaître que pendant plusieurs dizaines d'années, les investissements étaient faibles dans la commune. Le PCDR a permis de rattraper tout ce retard accumulé.
Mathématiquement, la charge de la dette communale va donc augmenter dans les 10 prochaines années. EPY dans l'opposition soutient la plupart des projets, mais lance un appel à la sobriété financière:
Chaque année, la commune devrait rembourser 200 à 300.000€ supplémentaires par rapport à ce qu'elle rembourse déjà. Quand on voit un budget qui est tout juste à l'équilibre en 2022 et qu'on voit ces sommes qui vont s'ajouter, il ne faut pas avoir fait de grandes études pour voir qu'on aura des difficultés à équilibrer le budget.
Pour le premier échevin, Étienne Defresne (liste LDB), des balises ont été mises en place en début de législature pour éviter la perte d'équilibre:
Nous avons augmenté toute une série de taxes en début de législature parce qu'on savait que des investissements coûteux allaient arriver. Nous commençons à voir l'impact de ces augmentations, donc nous aurons les ressources nécessaires pour assumer ces emprunts.
Et au bourgmestre d'ajouter:
Nous avons aussi un patrimoine dont nous pouvons nous délester pour rembourser une partie de ces emprunts.
Rappelons que tous ces projets dépendant de l'octroi de subsides, parfois au niveau européen, il n'est pas sûr qu'ils verront tous le jour.