Elevage

À Godinne, Matteo Magro fait le pari rare du lapin en plein air

publié le:02/02/2026 10:15:00 - mis à jour: 04/02/2026 14:35:52

Rencontre avec Matteo Magro, un éleveur de lapins en plein air à Godinne. Il fait figure d’exception, puisque ce type d’élevage est très rare en Wallonie.

Matteo Magro est l'un des rares, si pas le seul, éleveurs wallons à pratiquer l'élevage de lapins en plein air. Un petit élevage, bien loin des standards industriels, nous confie-t-il :


J'ai voulu relancer ça pour créer une autre forme d'élevage, beaucoup plus respectueuse du bien-être animal, où les lapins peuvent creuser, courir et disposer de beaucoup d'espace.

900 lapereaux sur l'année

Dans sa prairie à Godinne, pas de clôture classique, mais des volières contenant chacune plusieurs dizaines de lapins. Avant de découvrir les joies de la vie à l'extérieur, les animaux passent toutefois leurs premiers jours à l'intérieur. Une étable est consacrée à la reproduction. Et à ce niveau-là, les lapins sont fidèles à leur réputation, poursuit l'éleveur :


Ça ne s'arrête jamais. Il y a toujours des portées, toujours une femelle qui va mettre bas. C'est très prolifique, ça se reproduit très souvent et très facilement. Pour donner une idée : avec une trentaine de femelles et seulement trois mâles, je peux avoir environ 900 lapereaux sur l'année.


Les lapereaux restent à l'intérieur pendant une quarantaine de jours, le temps de s'endurcir, avant de rejoindre les volières extérieures. Ils sont ensuite élevés en plein air pendant plusieurs mois avant l'abattage :


À partir de la naissance, il faut compter quatre à cinq mois. En plein air, ils ont plus de surface, donc ils grandissent un peu moins vite. Et comme ils mangent aussi de l'herbe, pas uniquement de l'aliment concentré, leur croissance est plus lente.

Un élevage exigeant


La consommation de viande de lapin reste relativement marginale chez nous. Pour cette raison, les producteurs sont peu nombreux. Et puis, élever des lapins, aussi beaux et silencieux soient-ils, n'est pas sans contraintes :


C'est un élevage assez exigeant en matière de maladies, car le lapin est très sensible. Je fais aussi du poulet plein air ici, et le poulet est beaucoup plus robuste que le lapin. C'est un équilibre fragile à maintenir.


Matteo Magro privilégie le circuit court. Une partie de sa production est vendue directement à la ferme, notamment sous forme de colis de viande. Le jeune éleveur regrette toutefois que l'abattoir le plus proche traitant les lapins se situe à Ath, en Wallonie picarde. Il espère néanmoins pouvoir trouver, à l'avenir, une solution plus proche.

Benjamin Mars, Journaliste
benjamin.mars@matele.be

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