Dallas à la RUW Ciney: comment en est-on arrivé là?

publié le:04/10/2016 09:54:19 - mis à jour: 04/10/2016 12:56:08

Photo La Meuse

La RUW Ciney est dans la tourmente depuis la discorde publique entre la famille Lardot et le comité des jeunes. Mais lundi, l'image du club en a encore pris un gros coup lors d'une séance d'information.

Résumons la situation. Jeudi dernier, le Président José Lardot démissionne car pour lui la coupe est pleine! Il veut être le président, pas le "cochon payeur". Il veut avoir accès à tout et avoir un oeil sur tout, et notamment sur les comptes du comité des jeunes. Ce dernier veut bien lui laisser un droit de regard sur la comptabilité mais lui refuse l'accès au compte, car il n'est toujours pas dans les statuts du club (il n'est toujours pas officiellement le président du club!). La situation semble bloquée, tout le monde campe sur ses positions. José Lardot craque et démissionne...mais pas vraiment en fait! Il est toujours là et est toujours prêt à être président du club... de tout le club et à ses conditions.

Il veut toutes les clés (et les cartes) de la maison cinacienne, sans demander la démission de qui que ce soit. Et ce, en toute transparence, dit-il. Le comité des jeunes aura même le droit, s'il le souhaite, de regarder par-dessus son épaule. Le comité des jeunes semble frileux. Il ne veut pas que l'on vienne vider les comptes pour renflouer les caisses de l'équipe première. En somme, il y a un gros problème de confiance entre les deux parties. Et pour bien crisper les débats, Sophie Lardot, la femme du président et membre du comité de l'équipe première, accuse le comité des jeunes de mauvaise gestion, ce que n'accepte pas Caroline Constant, la présidente des jeunes.

Lundi soir, Sophie et José Lardot ont convié la presse, les parents des jeunes et les supporters pour une séance d'information sur la situation du club...un ratage total.

Voici les 5 raisons pour lesquelles cette "réunion" fut catastrophique

1. Un tribunal sans juge

Lundi soir, ce n'était pas une séance d'information, ni une réunion. C'était tout simplement un plaidoyer entre deux parties.  Ce n'est pas tant ce qui s'y est dit, mais c'est la formule qui est un désastre, un cataclysme pour le club. Et d'ailleurs, toutes les personnes que nous avons interrogées sont d'accord sur ce point, c'est malheureux d'en arriver là!

Ce qui s'est passé lundi soir, c'est tout simplement un tribunal sans juge!!! Les deux parties ont exposé leurs versions, leurs visions, leurs accusations, se rendant sans cesse la balle! Et vas-y que je te balance des chiffres! Et moi, j'ai les comptes! Non tes chiffres ne sont pas bons! Comment ça il est pas frais mon poisson??? Et qui était là pour juger? Où était monsieur le juge? Il n'y en avait pas, tout simplement. Sinon des parents de joueurs, des supporters, qui étaient présents pour se faire un avis, pour tenter de comprendre. Au final, qu'en est-il sorti? Rien de constructif, ou presque. Presque autant qu'un chasseur armé d'un fusil à eau. Seule lueur d'espoir, une médiation avec l'échevine des Sports, Géraldine Desille.

2. Où se trouve la vérité ?

On peut se poser cette question: qui a raison? Où est la vérité? Mais avant cela il faut aussi chercher à comprendre. Comprendre un nouveau président qui aurait déjà injecté plus de 90.000€ dans un club, dont il ne serait toujours pas officiellement président, car pas dans les statuts du club (ce qui semble incompréhensible). Un président qui veut être président du club, pas d'un comité, et savoir et maîtriser tout ce qu'il s'y passe. Comprendre aussi un comité des jeunes qui travaille bien depuis huit ans, et qui se voit accusé avec une certaine violence verbale, de vol, de tricherie, de mauvaise foi. Comprendre des bénévoles qui donnent de leur temps pour un sport, un club, avec en retour beaucoup de critiques et peu de mercis. Comprendre aussi les joueurs d'une équipe première qui se fait couillonner depuis trois ans, à qui on fait miroiter des choses, et qui au final ne voit pas grand chose venir, sauf la fin de leur salaire en cas de départ de José Lardot. Au final, tout le monde pense être dans son bon droit, et tout le monde est à bout. Lors de cette soirée, il y a tout simplement eu une absence de vérité. Comment juger sérieusement une situation sans en avoir tous les éléments en mains, chiffres à l'appui?

3. Un timing CA-TA-STRO-PHI-QUE

Cette réunion, la famille l'a voulue car il y a une échéance qui arrive, le 11 octobre, date à laquelle José Lardot saura si il rentre ou non dans le comité des jeunes. Mais le timing de ce "règlement de compte" est on ne peut plus mal choisi. Tout d'abord, deux des personnes les plus importantes dans le club ne sont pas présentes, car en vacances. Le Correspondant Qualifié, Jean-François Legrand, et André Daoust, le Directeur Administratif, n'étaient pas présents. Difficile à comprendre lors d'une telle situation. N'aurait-il pas mieux valu attendre leurs retours? Aussi, le club de la RUW Ciney va se doter de nouveaux terrains, de nouvelles infrastructures, avec les aides de la Ville et de la Région Wallonne surtout. Des dossiers pour un montant de 3 millions €, subsidiés à hauteur de 75% par la Région Wallonne. Et que va penser cette dernière, de la situation du club, et de son image? La Région Wallonne va-t-elle investir dans un club qui se déchire, qui pourrait couler?

4. De l'amateurisme en terme de communication

Régler ses comptes sur la place publique, en y invitant la presse, alors là ils ont fait fort! Généralement ce genre de débat se déroule en privé. Ca parle, on tente d'expliquer, ça gueule parfois, en pointant du doigt, en accusant. Mais cela reste entre quatre murs, et c'est bien ainsi. Ensuite, habituellement, une personne est désignée afin de communiquer les décisions vers l'extérieur. Ici, tout part dans tous les sens. Impliquer les parents, les joueurs, les entraîneurs et la presse dans ce genre de discussions, de règlement de compte est une véritable erreur de communication. Dans un club, chacun doit rester à sa place. Les parents et entraîneurs n'ont pas à décider à la place des membres du comité.

5. Des moments gênants

Toutes les personnes contactées l'ont dit, c'était un moment assez gênant. Un papa anonyme m'a même avoué que c'est la première fois, depuis qu'il est à Ciney, qu'il avait un peu honte du club, de voir des personnes s'adresser à d'autres comme à des chiens. D'autres parents se sont retrouvés prisonniers de la "réunion", car ils n'étaient venus que pour assister à l'entraînement du gamin. Pour la plupart des gens, c'est la première fois qu'ils voyaient, rencontraient ou entendaient Sophie Lardot... Certainement pas le meilleur contexte pour découvrir ce nouveau membre du comité (qui n'est pas encore officellement dans les statuts du club), qui gère apparemment toute la comptabilité du club (de l'équipe première). Les parents et la presse ont donc pu découvrir cette personne au caractère plus que bien trempé, qui ne met aucun gant pour s'adresser aux gens, au risque d'en choquer plus d'un. Certains ont aussi appris que Philippe Debry, banquier cinacien, n'était plus le trésorier. Mais toutes ces informations sont sorties de manières tellement vives, surprenantes et déstructurées qu'il subsiste un énorme flou artistique.

La Ville en renfort

Que va-t-il donc se passer de nouveau? Prochain épisode, le 11 octobre, lors de la réunion du CA. Une rencontre capitale, décisive pour l'avenir du club. L'équipe première a besoin de l'argent de José Lardot, il ne faut pas s'en cacher. Et le comité des jeunes veut rester soudé. La situation semble figée, inextricable. Seule éclaircie dans la grisaille, l'échevine des Sports, Géraldine Desille a proposé une médiation entre les deux parties. Est-il possible de trouver une solution? Oui, certainement, avec du bon sens, de l'écoute et de la compréhension. Mais parlons sans langue de bois, si la médiation se déroule entre José Lardot et Caroline Constant, il y a sans doute un espoir. Si Sophie Lardot est présente, certainement pas. Car entre les deux dames, c'est du courant à haute tension. Elles ne se supportent tout simplement pas. 

Arnaud Wuyard, Journaliste
arnaud.wuyard@matele.be

 

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