Faune

À Rochefort, un jardin devient refuge pour deux hérissons

publié le:08/07/2026 15:24:00 - mis à jour: 08/07/2026 16:55:53

Soignés pendant plusieurs mois dans un Creaves, deux hérissons retournent bientôt à la vie sauvage dans un jardin rochefortois. Le centre lance un appel aux particuliers pour trouver d’autres lieux de relâcher.

Depuis quinze jours, deux jeunes hérissons préparent leur retour à la liberté dans un jardin de Rochefort, celui de Jean-Pol Cobut, une étape de transition avant de reprendre une vie sauvage. Les deux pensionnaires sont installés dans des petits enclos, avec des abris qui leur permettent de retrouver progressivement les conditions de la vie extérieure.

Le hérisson, contrairement à ce qu'on pense, c'est un animal qui est devenu complètement nocturne. Vers 23h, ils sortent et ils vont chercher de la nourriture.

Des pensionnaires venus du Creaves de Sprimont

Ces deux jeunes hérissons n'ont pourtant pas grandi à Rochefort. Orphelins alors qu'ils étaient encore petits, ils ont d'abord été recueillis et soignés au Creaves de Sprimont, un centre de revalidation spécialisé dans l'espèce. Sur place, les équipes prennent en charge des animaux blessés ou abandonnés, avec un objectif : les remettre sur pied pour leur permettre de retrouver la nature. Parmi les pensionnaires du centre, certains nécessitent des soins particuliers, comme Ivar. Audrey Ducenne, responsable soigneuse, s'en occupe :

Ivar est un juvénile qui a été trouvé tout seul, qui errait sur un trottoir et on se demande si la maman ne l'a pas abandonné parce qu'il a une paralysie du postérieur. On ne sait pas encore dire à l'heure actuelle si c'est congénital ou si c'est simplement qu'il a été un peu accidenté, qu'il a une compression de la moelle épinière et que ça peut se remettre.

Une explosion des prises en charge

Des histoires comme celle d'Ivar, le Creaves en voit de plus en plus. En temps normal, une quarantaine de pensionnaires y séjournent. Mais actuellement, ils sont près d'une centaine.

Le hérisson est un peu le symbole de tout ce que l'homme fait subir à la faune sauvage. Aujourd'hui, il a de moins en moins d'endroits où s'abriter, de moins en moins de nourriture disponible, et il a parfois même du mal à se déplacer librement. Avec le morcellement des habitats, les clôtures qui deviennent de véritables obstacles, on voit arriver énormément d'animaux blessés ou orphelins. Il y a aussi tous ceux qui ont perdu leur mère, notamment lors des épisodes de canicule.

Le "soft release", une étape avant la liberté

Pour les jeunes hérissons qui ont grandi avec l'aide de l'homme, le retour à la nature ne se fait pas du jour au lendemain. Le Creaves pratique ce qu'on appelle le « soft release » : une période d'adaptation dans un jardin avant la liberté totale.

On place des enclos de deux mètres carrés avec une petite cabane dedans. Les gens s'engagent pendant deux semaines à donner des croquettes, évidemment de l'eau fraîche tous les jours. Et au terme de ces deux semaines, alors on ouvre l'enclos, on laisse la petite cabane et l'animal est libre de revenir dormir dans sa cabane ou de partir.

Un jardin pensé pour les hérissons

À Rochefort, Jean-Pol Cobut a aménagé son terrain pour offrir les meilleures chances aux deux jeunes femelles. Ici, pas question d'un jardin parfaitement entretenu : il faut au contraire laisser une place à la nature.

J'ai dû faire des niches, qui sont un peu fermées pour qu'il y ait encore des endroits où il y a des insectes et tout, pour qu'ils puissent manger. J'ai gardé tous ces bois et j'ai fait aussi des tas. De temps en temps, j'ai mis un pot en terre cuite pour qu'ils puissent avoir un abri naturel. J'en ai fait cinq ou six sur le parcours.

Le Creaves recherche de nouveaux jardins

Mais ces terrains adaptés restent rares. Le centre sélectionne les lieux de relâcher avec attention, comme le confirme Audrey Ducenne :

On est assez exigeant pour les lieux de relâcher. C'est parce qu'on veut leur offrir le meilleur départ possible. Pour le moment on en relâche un, on en rentre huit. Les calculs ne sont pas très bons, mais effectivement on est vraiment en demande et les endroits ne sont pas toujours adéquats.

Le verdict tombera dans les prochains jours : ce jardin rochefortois deviendra-t-il leur nouveau territoire ? Jean-Pol Cobut devra patienter pour le savoir. Désormais, ce sont les hérissons qui décident.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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