Un échevin sans attribution ni portefeuille : c’est un scénario qui tente le bourgmestre Cheffert au sujet de l’échevin Frédéric Deville.
Réunis mardi soir, les membres du PS de Ciney ont tranché. Ils n'apporteront pas leur soutien au MR pour évincer Frédéric Deville du Collège.
Au lendemain de cette décision, dans son bureau de l'hôtel de ville, c'est un bourgmestre visiblement très soucieux qui retourne une énième fois le problème Deville dans tous les sens. Ses options pour neutraliser Deville s'amenuisent. Ce dernier se voit reprocher une prise illégale d'intérêts par la Justice. Il n'ira pas, et c'est la nouvelle du jour, devant un tribunal pour se laver de ces accusations : il a décidé de payer la transaction pénale. Il n'a pas envie de se lancer dans une procédure qui risque de durer des années et lui coûter cher en frais d'avocats. C'est ce qu'il dit.
Il en restera ceci. Dans l'exercice de ses fonctions, cet échevin aurait accepté des cadeaux qu'il ne pouvait pas accepter : bien que le paiement de la transaction n'équivale pas à un aveu de culpabilité, ce délit lui collera aux basques pour le reste de sa carrière. C'est une casserole comme on dit. Mais, sûr de son bon droit, il refuse de démissionner. Jean-Marie Cheffert a donc un échevin bien encombrant dans son Collège : la cohabitation avec ce futur concurrent électoral n'est plus tenable.
Au départ, Jean-Marie Cheffert disposait de quatre scénarios pour sortir Deville:
- Ne prendre aucune mesure et laisser la situation telle quelle.
- Demander à Frédéric Deville de démissionner.
- Retirer les attributions à Frédéric Deville.
- Déposer une motion destinée à sortir Frédéric Deville du Collège. »
Or aujourd'hui, deux des quatre solutions envisagées sont à écarter, reconnaît le bourgmestre. Frédéric Deville ne démissionnera pas et la motion est impossible, explique-t-il:
"A l'heure actuelle, je constate que sans le renfort du PS, je ne peux pas obtenir les treize voix pour faire passer la motion. Je ne la déposerai donc pas."
Jean-Marie Cheffert n'exclut pas de retirer les attributions à son échevin, comme le permet le code de la démocratie locale:
« Au lendemain des élections, le bourgmestre possède toutes les attributions. Il décide alors de déléguer à ses échevins des compétences et des signatures. A tout moment, le bourgmestre peut les reprendre ses attributions pour s'en occuper lui-même ou encore pour les redistribuer au sein de son collège ».
Frédéric Deville pourrait conserver son titre d'échevin et sa place au collège mais se retrouverait sans aucune mission à accomplir. En d'autres mots, le bourgmestre le condamnerait à être payé pour ne rien faire!
Et enfin, dernier cas de figure imaginé par Jean-Marie Cheffert, ne prendre aucune mesure et « laisser aller ». On imagine mal comment…