Urbanisme

Aménagement du territoire : où construire les logements de demain à Dinant ?

publié le:10/02/2026 11:58:00 - mis à jour: 11/02/2026 11:35:30

À Dinant, la concentration des logements dans les centres voulue par la Wallonie pose question. La Ville prépare son propre schéma pour adapter cette vision régionale aux réalités du terrain.

D'ici 2050, 75 % des nouveaux logements devront être construits dans les centres urbains. C'est l'un des objectifs fixés par la Région wallonne dans son Schéma de Développement du Territoire (SDT), un document qui organise l'aménagement du territoire à l'échelle régionale pour les prochaines années. Alexandre Colot, urbaniste et chef de l'aménagement du territoire au Bureau économique de la Province de Namur, développe :

La volonté du schéma territorial, c'est d'éviter l'étalement urbain et l'artificialisation des sols qui ne le sont pas. Donc ça veut dire qu'on pourra toujours construire ailleurs, mais fondamentalement, l'objectif, c'est de recentrer l'habitat sur les centralités, là où il y a les services, les équipements sportifs, scolaires ou le service public au sens large.

Une vision jugée trop théorique à Dinant

Sur le papier, l'idée tient la route. Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe. À Dinant, par exemple, la zone du centre-ville définie actuellement est jugée peu réaliste par le collège et l'échevin en charge de l'urbanisme, Christophe Tumerelle.

Le SDT est très théorique et on n'a pas vraiment tenu compte du relief géographique, en tout cas en ce qui concerne Dinant. Inévitablement, le centre-ville, la Meuse et les parois rocheuses ne sont évidemment pas bâtissables. Cette réalité-là n'a pas été prise en compte dans le schéma proposé par la Région wallonne. Notre volonté, c'est de dire stop : on connaît évidemment la réalité communale et on sait ce qui peut être développé ou pas sur notre territoire. Et donc on va travailler là-dessus.

Un outil communal pour affiner la centralité

Pour mieux coller aux spécificités locales, la Ville travaille donc sur son propre outil : un Schéma de Développement Communal (SDC). Alexandre Colot précise que ce document est non obligatoire, mais fortement recommandé.

C'est un choix de la Ville de se doter d'un SDC. À défaut d'en faire un, c'est la vision telle qu'elle est inscrite dans le schéma territorial qui s'imposerait à la Ville. On aurait donc la centralité telle qu'elle est définie, pour le moins de manière théorique. Les communes ont donc tout intérêt à ajuster ce périmètre.

Identifier les zones réellement adaptées

L'objectif est d'identifier, de manière plus précise, les zones les plus adaptées au logement et proches des services, qui pourront intégrer cette zone de centralité, explique l'échevin.

Les pistes que nous explorons sont d'abord les deux plateaux de Dinant, celui de Wespin et de Mont-Fat-Herbuchenne. Ce sont les zones sur lesquelles on va travailler dans le centre-ville, évidemment. Puis, village par village, on va prendre carte par carte et revoir les zones qui sont des zones bâtissables. Avec aussi une spécificité à Dinant : une centralité villageoise spécifique a été retenue pour Anseremme.

L'urbaniste du BEP commente :

Si on adopte le document d'ici quelques années, il aura une durée de vie entre 18 et 20 ans au minimum. Donc c'est vraiment l'avenir de Dinant qui se joue dans ce document en cours d'élaboration.

Nous n'en sommes qu'au début de l'étude. L'élaboration de ce Schéma de Développement Communal devrait s'étaler sur environ deux ans avant d'être approuvé par le gouvernement wallon.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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