Le baron veut déplacer le chemin du Polissoir, qui passe juste à côté de sa maison. Sa demande a été acceptée par le ministre François Desquesnes, mais la Ville de Dinant va aller en recours au Conseil d'Etat.
Dans la Vallée de la Leffe, un joggeur traverse innocemment le Chemin du Polissoir, sans se douter que ce chemin est au centre d'un conflit juridique. Situé à la croisée des villages de Sorinnes, Thynes et Lisogne, ce sentier longe la propriété d'Hadelin de Villenfagne.
Les gens ont un droit de passage sur la propriété, à 50 cm de la maison. Parfois, il y en a même qui regardent par la fenêtre. Cela limite notre intimité, et puis ce n'est pas très sécurisant pour mon enfant.
L'affluence des marcheurs et des cyclistes ayant augmenté ces dernières années sur le chemin, selon le baron, celui-ci a demandé à le déplacer un peu plus loin sur sa propriété. Il propose d'aménager un nouveau sentier ainsi qu'un pont à ses frais.
C'est un échange d'assise de chemin. On construirait un chemin alternatif, qui existe déjà en partie car il a été empierré par mon grand-père. Le chemin passerait aussi dans la prairie en amont de la maison.
Feu vert de la Région wallonne
Le groupe sentiers de la commune s'est opposé à la création de ce nouveau sentier, qui serait situé en zone inondable et trop étroit par rapport à l'ancien. Résultat, la demande d'Hadelin de Villenfagne a été refusée par le conseil communal dinantais en mai 2025. Il a donc introduit un recours auprès du ministre wallon du territoire François Desquesnes, qui a finalement approuvé le projet. Dans sa décision, il explique :
Le tracé de ces deux anciens chemins constituent quelque peu une entrave à la jouissance qu'ont les propriétaires sur leur bien. Actuellement, en traversant leur propriété privée, les portions du cheminement hypothèquent l'intimité des propriétaires alors qu'elles bordent leur habitation, notamment à proximité d'une des portes d'entrée.
Feu rouge de la Ville de Dinant
Mais la Ville de Dinant ne baisse pas les bras. Elle a décidé, elle aussi, d'introduire un recours, cette fois-ci au Conseil d'Etat. Christophe Tumerelle, échevin de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire à Dinant, explique :
Ce n'est pas la volonté de la Ville de Dinant d'entrer dans des procédures judiciaires, on essaie justement d'en sortir un maximum et de trouver des solutions à tous les problèmes que la Ville peut rencontrer. Mais, dans ce cas-ci, nous avons demandé l'avis de notre avocat spécialisé en la matière, qui nous a confirmé qu'il y avait matière à introduire un recours. On a donc décidé d'aller en recours au Conseil d'Etat pour attaquer la décision ministérielle, que nous estimons non-fondée.
Si ce n'est pas la première fois qu'un sentier sème la discorde à Dinant, c'est bien la première fois que la Ville saisit le Conseil d'Etat pour un dossier de ce genre. Ce dernier devrait se prononcer dans un délai d'un à deux ans.
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