Polémique

Une guerre des sentiers entre un agriculteur et des promeneurs à Dinant

publié le:24/07/2025 14:59:00 - mis à jour: 25/07/2025 16:57:43

L’affaire prend de l’ampleur : les accusations fusent des deux côtés. Face à la montée des tensions, la commune a décidé de suspendre temporairement le groupe Sentiers.

À Falmagne, dans l'entité de Dinant, un chemin communal traversant des champs agricoles est au cœur d'un conflit qui oppose un agriculteur local au groupe Sentiers, une structure citoyenne chargée de valoriser les chemins de promenade dans le cadre de la commission de développement rural. Pour Dominique Bernier, membre actif du groupe Sentiers, l'agriculteur a illégalement privatisé un passage public.

Il a bloqué le chemin. Il a commencé à placer des obstacles, des barrières, de grosses souches, et même, au début, des fils barbelés en travers du sentier. C'est dangereux pour les cyclistes, entre autres. Ce chemin ne lui appartient pas : il fait partie du domaine public, il n'a rien à y faire.

Sur le terrain, des barrières sont effectivement visibles. Mais Christophe Maury, l'agriculteur mis en cause, rejette fermement les accusations.

On peut enlever les poignées et passer au-dessus des barrières, donc il n'y a aucune obstruction. Là-bas, j'ai mis deux billes de chemin de fer et des traverses avec un espace suffisant pour laisser passer les gens. J'ai des blondes d'Aquitaine dans la prairie, il faut bien les protéger. Je ne vois pas où est le problème.

Le climat s'est envenimé ces dernières semaines. Le journal L'Avenir a révélé que l'exploitation de Christophe Maury avait été visée par des tags et, surtout, 600 mètres de clôtures ont été découpés, entraînant la fuite et la blessure de plusieurs bêtes. L'agriculteur en attribue la responsabilité au groupe Sentiers, ce que ses membres nient catégoriquement.

Le bourgmestre tente d'apaiser les tensions

Face à la montée des tensions, le bourgmestre de Dinant, Richard Fournaux, a pris une mesure forte : la suspension provisoire du groupe Sentiers.

Je n'ai jamais dit ni écrit que c'était quelqu'un du groupe Sentiers qui avait coupé les clôtures. Mais, vu le climat actuel, il est possible que des personnes extérieures, influencées par cette affaire, aient agi de leur propre chef. Mon objectif est d'apaiser les esprits.

La décision fait néanmoins débat, y compris au sein de la majorité communale. Alain Besohé, conseiller communal et membre du groupe Sentiers, exprime ses réserves. 

L'interdire de se réunir, c'est un peu comme l'accuser. Maintenant, je suis prêt à discuter. Il faut apaiser, oui, mais tout le monde doit faire un pas. Et s'il y a des lois, elles doivent être appliquées.

La tension est désormais à son comble. La commune prévoit de réunir les différentes parties après les vacances pour tenter d'aplanir le différend. Mais une issue judiciaire n'est pas à exclure.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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