Incivilités

Dinant : le vignoble du Château Bon Baron victime de vols… de feuilles de vignes

publié le:01/06/2026 16:18:00 - mis à jour: 02/06/2026 17:47:57

Il s'agit d'une pratique illégale qui met en péril le travail des vignerons. En privant les grappes de leur feuillage, cela affecte la qualité de la récolte.

Le Château Bon Barron est installé depuis quinze ans à Dinant, en bord de Meuse, dans un cadre paradisiaque… mais il vit pourtant un enfer. Depuis quelques années, il fait face à une accumulation d'incivilités : déchets abandonnés dans les vignes, camping sauvage, promeneurs circulant sans autorisation dans les parcelles… et désormais, des vols de feuilles de vigne, déplore Jeanette Van Der Steen, vigneronne.

C'est vraiment le pire moment pour retirer les feuilles, parce que la vigne est encore très fragile. Les raisins sont tout petits et ont besoin d'être protégés. Les feuilles jouent aussi un rôle de “panneaux solaires” pour la plante : elles captent la lumière et la transforment en énergie indispensable pour faire mûrir les raisins.

Au-delà de leur caractère illégal, ces prélèvements sont donc particulièrement dommageables pour la vigne. Les grappes peuvent souffrir d'un manque de protection, perdre en qualité, voire être abandonnées par la plante elle-même pour préserver son équilibre. C'est donc une perte directe pour le vignoble.

Un danger pour la santé

Autre inquiétude : l'usage culinaire de ces feuilles volées. Or, celles-ci ont pu être traitées avec des produits phytosanitaires destinés à protéger les cultures.

Les produits que nous utilisons ne sont pas fortement toxiques, mais ils restent présents sur les plantes, parfois même à l'intérieur des feuilles. Ils sont indispensables pour protéger la plante, mais il n'est évidemment pas recommandé d'utiliser ces feuilles en cuisine : cela peut présenter un risque pour la santé.

Sur ses 13 hectares de parcelles, le vignoble fait face à une succession d'incivilités. En plus des feuilles, les raisins eux-mêmes disparaissent parfois lorsqu'ils arrivent à maturité. Face à ces incivilités répétées, les vignerons ont tenté d'agir en installant des barrières et panneaux d'interdiction… sans succès.

À chaque fois que nous installons des dispositifs, ils sont cassés, déplacés ou même volés. Tout cela représente un coût important pour nous… et honnêtement, nous commençons à être à bout face à ces incivilités répétées, sans véritable solution.

Pour alerter, les vignerons ont choisi de s'exprimer sur les réseaux sociaux, tout en refusant toute polémique culturelle. Selon eux, les auteurs de ces actes sont très variés, y compris des personnes belges. Ils espèrent désormais que ce message de sensibilisation permettra de mettre fin à ces comportements.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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