Matélé fête ses 40 ans. Difficile d'imaginer en 1977 ce que serait devenue votre télé locale aujourd'hui. Alors à quoi ressemblera Matélé en 2057?
En 2001, à l'occasion du changement de millénaire, Vidéoscope imaginait la trace qu'elle laisserait en 3001, mille ans plus tard, dans l'émission humoristique "Millenium Couillonnade". Bien loin de ces projections, voici les réflexions sur les années à venir que l'on peut déjà livrer aujourd'hui. Pour le directeur de Matélé Philippe Halloy, dans 5 ans Matélé aura déjà changé:
"On ne peut pas dire que la télé et le web, seront le même média, mais c'est une évidence que la télé va être remplacée par une consommation d'info qui ne sera pas linéaire."
Et en tant que "producteur d'infos":
Une seule personne, maintenant, est capable de maîtriser à elle seule le contenu d'une information. Heureusement, les médias, et donc les médias de proximité et les gens qui y travaillent, devront être les garants de la valeur de cette information."
C'est certainement l'un des défis des médias, aujourd'hui déjà: garantir la vérification, le recoupement, le recul et l'analyse de l'info. Le tout dans un période de méfiance et de "média bashing" amplifiée, précisément, par l'immédiateté des réseaux sociaux. Il faudra pouvoir garder son rôle de décryptage sur le fond, mais en s'adaptant aux nouvelles formes de présentation des contenus pour ne pas perdre (et même pour gagner) des publics. Dans les années à venir, l'important, pour Matélé comme pour d'autres médias, sera de se remettre en permanence en question.
"On ne doit pas rester dans sa bulle et être certain de son analyse. Il faut aussi être certain que l'info est bien consommée."
Mais si cette nouvelle ère s'annonce ardue dans certains domaines, elle aussi fascinante pour sa formidable révolution technologique. De nouveaux outils, de nouveaux canaux de communication: pour Diederick Legrain, rédac-chef adjoint et coordinateur web de Matélé, une multitude de possibilités s'ouvrent devant nous dans les années à venir.
"Il y a quelques années, la consultation des vidéos à la demande n'existait pour ainsi dire pas. Ca pose des tas de problèmes, mais ça offre aussi beaucoup de possibilités. A Matélé, avec tout le numérique, il y a aussi tout un champ ludique de découverte de gadgets. Le journalisme mobile, c'est la possibilité d'enregistrer un reportage, de faire un live avec son smartphone transformé en caméra. On peut voir dans la rédaction par exemple un journaliste qui essaie un bras mobile, un stabilisateur, ..."
Et dans 40 ans?
"Matélé est appelée à évoluer, comme les autres médias, explique Philippe Halloy. Mais l'évolution n'est pas nécessairement maîtrisée, et encore moins la consommation. Donc je ne sais pas du tout où on en sera dans 40 ans. Mais sur le fond, Matélé est un média qui s'est positionné de façon à pouvoir communiquer avec les gens qui sont proches. On essaye de rester à la pointe, sur différentes plateformes."
"Je pense que dans 40 ans, il n'y aura plus de télévision, poursuit Diederick Legrain. Que le média télé n'existera plus. Est-ce qu'il y aura encore un média, une manière de dialoguer ou d'informer notre audience? Oui! Mais certainement pas la télévision."