Listes citoyennes, participation citoyenne, consultation citoyenne, ces concepts ont été souvent au coeur de la campagne pour les communales. Cela s'est-il traduit dans les votes?
Sur les plateaux télé, sur les réseaux sociaux, le mot était omniprésent durant toute la campagne: des listes citoyennes, entières ou partielles, une participation citoyenne, l'écoute du citoyen... un raz-de-marée depuis un an. Mais cela s'est-il traduit dans les votes? Cela dépend dans quelles communes. De nombreux élus citoyens font leur apparition dans l'arrondissement: Havelange, Somme-Leuze, Onhaye, par exemple. A Hastière, commune record avec deux listes citoyennes et des listes mixtes, le succès a été moindre.
A Ciney, Eric Dumont, le Citoyen Lambda, s'était engagé dans une campagne dans le but de sensibiliser au principe des conventions citoyennes. Afin que les abstentionnistes, les votes blancs ou les votes non-politiques soient aussi entendus et répercutés dans les calculs. Il n'a pas obtenu de siège, malgré ses 232 voix, mais voici l'analyse qu'il livre sur ce mouvement général citoyen qui s'est élevé:
L'initiative, elle est là. Maintenant dans les résultats, on peut remarquer qu'il n'y a pas la percée attendue. C'est un début, ça se met en place tout doucement. Peut-être que lors des élections suivantes, il faudra avoir une réelle structuration de la chose.
Quelques succès citoyens sont tout de même à noter, comme la majorité absolue d'une liste en grande partie citoyenne à Vresse, et la participation d'une liste citoyenne dans une coalition à Houyet.
A Rochefort, Beauraing, Gedinne, une grande partie des élus de listes citoyennes, entièrement ou partiellement, étaient - ou déjà mandataires - ou étiquetés politiquement. Le concept citoyen a clairement marqué la campagne, mais dans les résultats, de nombreux électeurs semblent rester attachés à leurs repères politiques. Un paradoxe.
C'est assez contradictoire, finalement. Mais je pense aussi qu'on inculque dans l'esprit des gens qu'ils n'ont pas cette compétence (NDLR: de prendre des décisions de gestion de la ville). Mais c'est faux, parce qu'on remarque que quand on informe les gens et qu'on leur donne vraiment le savoir, ils peuvent prendre des décisions aussi valables que le monde politique, et aller beaucoup plus loin que lui.
Pour Eric Dumont, c'est donc au politique de placer le citoyen dans de bonnes conditions pour qu'il s'exprime.
On ajoutera que cette vague citoyenne aura en tous cas eu un effet: attirer l'attention des candidats, même plus "classiques", sur cette nécessité d'écouter la population: budgets participatifs, conseils dans les villages, consultations populaires sont apparus en nombre dans les programmes. Les élections sont derrière, comment désormais appliquer ces bonnes intentions? C'est sans doute sur la durée que la réponse apparaîtra.