A Beauraing, l’espace de coworking existe depuis 2019, avec une petite parenthèse pendant le Covid. La structure se maintient bien, avec quelques coworkers assidus.
Ce matin, trois personnes pratiquant le coworking sont concentrées sur leur travail. Pierre Plomteux est expert-comptable. Il vient ici presque tous les matins.
J'habite la région depuis presque deux ans. J'ai une maison avec un bureau, j'ai un porte-feuille de clients, mais je viens ici pour couper la sphère privée de la sphère professionnelle. À la maison, on sait travailler, mais on est distrait. Ici, c'est un espace qui me permet de me concentrer et d'avoir des échanges avec des personnes qui travaillent dans des environnements tout à fait différents.
Dans ce type d'espace connecté, équipé et financièrement accessible, certains coworkers trouvent du calme, de l'interaction et parfois de la formation. C'est parfois une alternative à l'isolement du travail.
Cet espace coworking du pôle beaurinois propose des lieux de réunion. Sa fréquentation est fluctuante avec une spécificité particulièrement rurale, explique Adeline Dujardin, chargée de projets pour le pôle beaurinois.
On a beaucoup de coworkers de passage, plutôt des citadins qui ont l'habitude de faire du coworking. Quand ils arrivent ici, pour des vacances, dans leur gîte mal connecté, ils peuvent avoir envie d'aller dans un cadre propice pour le travail.
Des espaces coworking en milieux ruraux plus difficiles à remplir que ceux en ville
Dans les grandes villes, la formule a trouvé une rapide adhésion, surtout auprès d'un public plus jeune. L'offre de coworking y est abondante. En zone rurale, les coworkings sont plus rares et la démarche de les fréquenter est encore timide, dévoile Antoine van Eetvelde, coordinateur de la semaine coworking et responsable du coworking de Fernelmont.
C'est sûr que ce n'est pas la même réalité. Quand vous avez un espace coworking à la campagne, c'est plus difficile de faire venir du monde. Les gens ont plus d'espace à la maison et se disent moins qu'ils ont besoin de sortir pour trouver un cadre de travail. Par contre qualitativement, on a la chance d'avoir des personnes qui s'impliquent.
En milieu rural, quelques tentatives de projets privés ont émergé, mais n'ont pas tenu sur la longueur. Peut-être faute de maîtrise du coût de gestion et de réelle maîtrise de l'animateur
La rentabilité d'un coworking, c'est très marginal. En milieu rural, on remarque que les initiatives qui tiennent, ce sont les initiatives qui travaillent en partenariat avec les pouvoirs publics. Il ne faut pas se leurrer avec l'idée que si on a un grand bâtiment, d'office, il faut en faire un espace de coworking et que d'office les gens vont y venir.
Pour Antoine van Eetvelde, le coworking aura encore de beaux jours dans les 10 ou 20 ans à venir, trouvant une place complémentaire entre le travail au bureau et le télétravail. Peut-être une savante combinaison des trois formules.