Les chiffres des hospitalisations dues au Covid-19 sont bons mais une quatrième vague n’est pas exclue. Le Dr Benoît Rondelet plaide pour la vaccination, en particulier pour les soignants.
Commençons par les bonnes nouvelles. Les hôpitaux de la province de Namur sont sortis ce lundi 5 juillet du plan d'urgence hospitalière et sont revenus à la Phase 0, c'est-à-dire à la normale. A l'heure actuelle, seuls sept patients sont hospitalisés au CHU UCL Namur à cause du Covid, dont cinq en soins intensifs. Ces chiffres sont stables depuis sept jours.
«La troisième vague est terminée, on est en stand-by pour la prochaine». Le Docteur Benoît Rondelet, médecin chef du site de Godinne, voit les chiffres des contaminations légèrement remonter sans affolement mais néanmoins avec beaucoup de vigilance :
C'est un peu normal que les chiffres remontent, il ne faut pas s'affoler. Si on relâche la pression, les mesures, les chiffres remontent, c'est normal. Le but, ce n'est pas qu'il n'y ait plus de contaminations mais que le système hospitalier tienne. Et pour cela, il n'y a qu'une solution, la vaccination.
Le Docteur Rondelet compare notre situation actuelle à une course contre la montre. Il s'agit de vacciner un maximum de personnes avant que le virus ne mute à nouveau. A l'heure actuelle, le variant Delta (indien) devient prédominant dans la province et prend la place du variant Alpha (anglais).
Le vaccin, un devoir moral pour les soignants
Au CHU UCL Namur, on balaie aussi devant sa porte: le taux de vaccination du personnel hospitalier n'est pas suffisant. S'il atteint 90% chez les médecins dans les hôpitaux belges, il chute à 20% chez les élèves infirmiers.
Au fur et à mesure qu'on descend dans la longueur des études, le taux de vaccination diminue. A titre personnel, je plaide pour que le vaccin soit obligatoire pour les soignants, comme il l'est pour l'hépatite B. Je suis très respectueux de la liberté mais quand vous êtes soignant, votre liberté ne peut pas mettre en danger ceux pour qui vous vous levez tous les matins. C'est le premier précepte du serment d'Hippocrate, ne pas nuire.
Le CHU UCL Namur tente de mettre en place des stratégies pour convaincre le personnel non-vacciné. L'hôpital a négocié des accès prioritaires et libres dans les centres de vaccination. Il mène également des campagnes de communication à destination des jobistes, des volontaires et des nouveaux engagés.
Ma crainte, c'est qu'on ne va pas gagner énormément avec cela. Les gens qui ne sont pas vaccinés ont refusé de l'être par conviction. C'est pour cela qu'il va falloir une phase coercitive.
Pour le Docteur Rondelet, la prochaine question à se poser concerne la vaccination des 12-16 ans. Dans cette tranche d'âge, il est, selon lui, compliqué de recommander l'obligation, là où pour les majeurs, la question se pose réellement.