Bienvenue chez vous : Dinant, ville martyre

publié le:17/01/2014 12:23:19 - mis à jour: 05/08/2014 11:20:10

Bienvenue chez vous : Dinant, ville martyre
Bienvenue chez vous : Dinant, ville martyre
Bienvenue chez vous : Dinant, ville martyre

Dinant, 23 août 1914. L'armée allemande envahit la ville et exécute, au cours de cette sombre journée, 674 civils innocents. Aujourd'hui, la Cité des Copères se souvient de cette journée où son destin a basculé.

2014. Pour le monde entier, cette année sera celle de la commémoration du début de la Grande Guerre. Ces commémorations prennent une résonnance toute particulière à Dinant. Le 23 août 1914, l'armée allemande entre dans la ville par quatre voies de pénétration : les Fonds de Leffe, la rue Saint-Jacques, la Montagne de la Croix et plus tard, le Froidveau. Persuadés d'être confrontés à un foyer de francs-tireurs (de civils armés), ils vont mettre Dinant à feu et à sang. Le bilan de cette journée est très lourd : 674 civils tués, majoritairement des hommes mais aussi des femmes et des enfants, et les deux tiers de la ville brûlés. Ces chiffres font de Dinant, une des 7 villes martyres du pays.

Le souvenir gravé dans la pierre

Un siècle plus tard, Dinant n'a rien oublié du cauchemar de cette journée. Des monuments ont été érigés sur les lieux des principales tueries collectives. Le mur Bourdon rappelle le calvaire de 83 habitants des Rivages dont la plus jeune avait seulement 3 semaines;  le mur Tshoffen, celui de 116 hommes fusillés parce que l'armée allemande les accusait d'être des francs-tireurs. Le quartier de Leffe, aussi, se souvient au travers d'un monument érigé juste devant l'Abbaye. Il est dédié aux 243 personnes qui ont péri à Leffe ce jour-là.

Les petits-enfants témoignent

Au-delà des monuments, l'histoire de cette journée se transmet aussi de génération en génération dans les familles des victimes. 

"Ils ont dit à mon grand-père qu'ils allaient le tuer". Cent ans après, Georges Cousot raconte l'assassinat de son grand-père d'une voix tremblante. Ce jour-là, en descendant par les Fonds de Leffe, les Allemands ont un seul mot d'ordre en tête : pas de pitié pour les hommes. Le grand-père de Georges Cousot, Victor Poncelet, est assassiné dans le hall d'entrée de sa maison devant ses 7 enfants.

"Mon arrière grand-père leur a proposé toute sa fortune pour qu'ils épargnent ses ouvriers. Ils lui ont répondu : on ne veut pas d'argent, on veut du sang". Michel Hubert est le descendant de Rémy Himmer, le directeur de la filature de Leffe. Lui aussi, il évoque le jour le plus sombre de l'histoire dinantaise avec beaucoup d'émotion. Son aïeul a été assassiné avec une trentaine de ses ouvriers devant l'Abbaye de Leffe.

Si vous souhaitez aller plus loin, nous vous conseillons la lecture d'un livre écrit en 1920 et qui relate les événements dinantais minute par minute : http://libcudl.colorado.edu/wwi/pdf/i73748638.pdf

MAtélé a besoin de vous!

Afin de préparer les commémorations, nous recherchons des témoins (indirects), des documents ou des photos d'époque dans toutes les communes de l'arrondissement. N'hésitez pas non plus à nous communiquer à l'adresse ci-dessous tous les événements liés à ces commémorations.

Céline Sérusiaux, Rédactrice en chef
celine.serusiaux@matele.be

 

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