Environnement

Bohan : dix ans de transhumance pour les moutons de l’île

publié le:29/06/2026 16:12:00 - mis à jour: 30/06/2026 15:51:45

Pour la dixième année consécutive, les moutons ont traversé la Semois pour rejoindre l’île de Bohan, leur pâturage estival.

Dans certains massifs montagneux, la transhumance se compte en dizaines de kilomètres. En Ardenne namuroise, quelques mètres suffisent. Une traversée de la Semois… et les moutons retrouvent leur quartier d'été sur l'île de Bohan.

Chaque année, à la fin juin, le rituel se répète. Cette fois, trois brebis et quatre agnelles rejoignent cet écrin de verdure au cœur de la vallée de la Semois, où elles passeront les quatre prochains mois.

Une solution écologique pour préserver l'île

Derrière cette tradition devenue emblématique se cache avant tout un enjeu environnemental. La Fondation Roi Baudouin, propriétaire des lieux, cherchait un moyen d'entretenir le site tout en limitant l'intervention humaine, comme le confirme Cédric Vanneste, coordinateur de projets.

On est arrivés à l'idée d'une île de pâture pour faire une gestion plus douce, plus écologique.

Le principe est simple : laisser la nature entretenir la nature. En broutant, les moutons limitent les plantes invasives et favorisent le retour d'une végétation plus diversifiée. Cet entretien écologique est assuré par des Roux ardennais, une race rustique particulièrement adaptée au terrain, qui provient du cheptel de Vincent Dehon, un berger de Bièvre:

Cette année, nous avons mis trois brebis et quatre agnelles. C'est une race qui a failli disparaître il y a plusieurs siècles, notamment parce qu'elle était très appréciée pour ses qualités gustatives. Sa viande était même acheminée jusqu'à Paris, où elle était prisée par les rois de France. L'avantage de ces brebis, c'est qu'elles restent relativement sauvages, donc peu faciles à approcher si quelqu'un s'aventure sur l'île.

Un rendez-vous aussi pédagogique

Avec le temps, le projet a dépassé sa seule vocation écologique. Aujourd'hui, la transhumance est aussi devenue un rendez-vous pédagogique. Écoliers, riverains et associations locales se retrouvent pour découvrir la biodiversité de la Semois et mieux comprendre les équilibres naturels de la vallée.

Ces moutons ont vraiment rassemblé des citoyens et des écoles.. C'est surtout un projet de cohésion sociale et de territoire.

Dix ans après leur première traversée, les moutons font désormais partie du paysage local. Et sauf crue précoce, ils profiteront de leur quartier d'été jusqu'à la fin octobre.

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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