La majorité cinacienne a présenté un budget communal 2026 à l’équilibre, sans augmentation des principales taxes locales. Un budget que la majorité juge maîtrisé, mais qui a suscité de vives critiques.
L'échevin des Finances Guy Milcamps a présenté un budget en équilibre lors du conseil de ce mardi 23 décembre, avec un boni à l'exercice propre de 347.699 euros. Fier de cette proposition, l'échevin met en avant plusieurs engagements tenus : pas d'augmentation de l'IPP ni du précompte immobilier, pas de recours au crédit de recettes et pas d'utilisation du plan Oxygène.
Un budget ordinaire sans hausse d'impôts
Côté dépenses, le budget ordinaire s'élève à 26,88 millions d'euros. La dotation au CPAS est maintenue, celle de la zone de police augmente, tandis que la dotation à la zone de secours diminue, grâce à l'intervention des provinces. L'élément le plus marquant concerne les frais de personnel, en hausse de 500.000 euros, principalement en raison du recrutement à venir d'ouvriers communaux.
Les recettes ordinaires atteignent quant à elles 27,23 millions d'euros, portées notamment par une augmentation des revenus fonciers, liée, selon Guy Milcamps, à davantage de constructions et à une diminution des logements inoccupés.
Un budget extraordinaire ambitieux
À l'extraordinaire, les prévisions de recettes et de dépenses s'élèvent à 20,34 millions d'euros. Un montant à nuancer, précise la majorité, puisque près de 6 millions d'euros concernent le projet de boulevard urbain, réinscrit par précaution mais attendu avant la fin de l'année 2025.
Parmi les investissements annoncés figurent, entre autres, des travaux dans les écoles communales et plusieurs projets environnementaux comme la modernisation de l'éclairage public, l'implantation de bornes électriques, la démarche zéro déchet ou encore l'amélioration de l'égouttage dans le cadre de la lutte contre les inondations.
Le budget prévoit également la poursuite des projets du PCDR ainsi que le lancement des travaux de la place d'Ychippe. Enfin, une augmentation de capital de 4,5 millions d'euros est prévue pour la Régie communale des sports, afin de soutenir différents projets sportifs sur le territoire communal.
Une opposition très critique
Si la majorité se félicite de son budget, l'opposition, elle, tire la sonnette d'alarme. Pour Anne Pirson, le budget ne tient pas compte du contexte économique et des défis à venir :
On se demande si vous êtes conscients de la situation générale et des difficultés qui arrivent. Vous proposez un budget tout à fait normal, comme si de rien n'était. Vous engagez du personnel alors que nous sommes à l'aube d'une période compliquée. On ne veut pas faire peur à la population, mais si on ne prend pas de mesures aujourd'hui, on le paiera dans trois ou quatre ans.
Même constat du côté du conseiller Olivier Didion, qui pointe un recul marqué du boni et une dégradation progressive des finances communales. Selon lui, le directeur financier a déjà alerté sur la situation. Il remet en question plusieurs priorités budgétaires :
En 2026, on voit qu'on est à zéro euro d'autofinancement. On se base uniquement sur l'emprunt ou les fonds de réserve. La situation est loin d'être glorieuse.
Tensions en séance
Les échanges se sont tendus en fin de débat. Après une série de questions posées par le conseiller Olivier Didion, l'échevin Guy Milcamps a reproché à l'opposition d'en poser trop. La remarque est mal passée du côté de l'opposition qui reste donc sans réponse à une partie de ses questions. La tension est encore montée d'un cran lorsque Anne Pirson a dénoncé l'attitude jugée irrespectueuse de l'échevin des Finances, rappelant le rôle de contrôle démocratique des conseillers de la minorité.
Malgré ces critiques, le budget ordinaire et le budget extraordinaire ont été adoptés, chacun par 13 voix pour et 5 contre. Un budget validé donc, mais un débat qui révèle deux visions opposées de la santé financière de Ciney et de sa capacité à affronter les années à venir.