Prudence et maîtrise des dépenses : c’est la ligne directrice du budget 2026 présenté au conseil communal de Somme-Leuze. Les investissements, eux, restent volontairement limités.
C'est sans doute le conseil communal le plus scruté de l'année : celui consacré au budget. À Somme-Leuze, le budget présenté se veut prudent et sans extravagance. Il prévoit environ 10,7 millions d'euros de dépenses au service ordinaire et près de 2,8 millions pour le service extraordinaire, avec une volonté clairement affichée de maîtriser les coûts. Sans surprise, les dépenses de personnel constituent le poste le plus important, avec 4,6 millions d'euros, soit une hausse de 13 % par rapport à 2025. Cette augmentation s'explique par l'indexation des salaires et l'évolution barémique, mais aussi par l'impact de décisions prises à d'autres niveaux de pouvoir, notamment la réforme des aides à la promotion de l'emploi (APE) au niveau régional et la cotisation de responsabilisation imposée par le fédéral, qui pèsent de plus en plus lourdement sur les finances communales. Mais la progression la plus marquée concerne le CPAS, dont le budget grimpe de 27 %. En cause : la réforme fédérale du chômage, qui impacte directement les communes. Somme-Leuze n'y échappe pas : le CPAS a engagé 2,5 équivalents temps plein, principalement pour faire face à l'afflux de personnes exclues du chômage.
Des investissements relativement limités
Du côté des investissements, la commune reste mesurée. Le principal poste du budget extraordinaire concerne la réhabilitation des infrastructures du domaine du Stoqueux, pour un montant d'un million d'euros. Vient ensuite l'extension de l'école de Noiseux, estimée à 600 000 euros. L'école de Heure bénéficiera, elle, de la modernisation de sa toiture (25 000 euros). La commune prévoit également 400 000 euros de travaux de voiries (rues des Sorbiers, des Minières, de la Forêt et du Centre), ainsi que la rénovation de la salle de Waillet pour 100 000 euros. Un budget « sans fioritures », assumé par l'échevin du Budget, Alexandre Borsus, qui appelle à la prudence :
Nous faisons face à de fortes contraintes budgétaires. Nous pensions avoir fait le plus dur en surmontant les crises successives du Covid et de l'énergie, mais c'était sans compter certaines fragilités structurelles, notamment au sein des niveaux de pouvoir supérieurs. Nous devons rester vigilants pour l'avenir. Nous avons fait le choix de ne pas augmenter les taxes afin de préserver les citoyens, tout en assurant le financement de l'ensemble de nos services et en maintenant nos investissements. Nous continuons à rechercher des subsides, mais rien ne garantit qu'ils seront encore disponibles dans les prochaines années.
L'opposition vote contre
Si les échanges se sont déroulés dans un climat serein, l'opposition a finalement voté contre le budget. Pour Bertrand Bonjean, élu du groupe Autrement, les marges de manœuvre communales restent fortement conditionnées par les décisions prises aux niveaux fédéral et régional :
Nous constatons tous que la situation budgétaire est compliquée, en grande partie à cause des mesures décidées à d'autres niveaux de pouvoir. Si nous n'infléchissons pas la courbe, en particulier celle des dépenses de personnel, nous risquons à terme de devoir rechercher de nouvelles recettes. Un recentrage des missions de l'administration devra sans doute être envisagé pour en limiter l'impact. À défaut de dotations suffisantes, cela pourrait conduire à une adaptation de la fiscalité afin de financer l'évolution des dépenses, y compris celle de la dette. Et malheureusement, 2026 n'est que l'entrée dans ce contexte plus contraignant.
Au final, la présentation et les débats n'auront duré qu'une petite demi-heure, signe d'une relative bonne entente entre majorité et opposition, malgré des divergences de fond sur les choix budgétaires et les perspectives à moyen terme.