Une tente et deux voitures plantées au milieu du gué : cette photo improbable illustre la dérive touristique à Walzin, site pourtant protégé et interdit d’accès.
Les photos ont été publiées par les propriétaires du château de Walzin et par la locataire du moulin. Tous trois sont les témoins quotidiens des incivilités et occupations sauvages du site.
Classé patrimoine exceptionnel de Wallonie et situé en zone Natura 2000, l'endroit est pourtant strictement protégé. Sur place, des panneaux rappellent clairement l'interdiction d'accéder à la plage de galets. Mais en vain.
L'éte et les jours de beau temps, l'endroit déborde de kayakistes, de baigneurs, de touristes. Des barbecues y sont régulièrement organisés. Les châtelains constatent également de plus en plus souvent du camping sauvage, comme en témoigne cette photo improbable prise le week-end dernier par la locataire du moulin de Walzin. On y voit une tente et deux voitures plantées au milieu du lit de la lesse, dont l'une avec les roues dans l'eau.

Victime des réseaux sociaux
Ces scènes exaspèrent. « C'est pourquoi nous avons décidé de publier publiquement ces photos sur notre page Facebook », confie Beatrix de Limburg Stirum, avant d'exprimer son désarroi :
C'est un massacre de la nature. On essaye de sensibiliser au travers de pancartes. Mais celles-ci sont souvent tagguées ou arrachées. Quand on fait les remarques aux gens, c'est très souvent mal pris. Certains ont déjà foncé avec leur voiture vers mes chiens.
Si le site a toujours été prisé, "la situation a aujourd'hui complètement dégénéré", poursuit la châtelaine, qui souligne que le phénomène s'est accentué depuis le Covid.
Le site est victime du fléau touristique des réseaux sociaux, comme beaucoup d'autres sites touristiques. C'est devenu un spot “instagrammable” par excellence, qui attire les foules en quête du cliché parfait.
Alors que faire ?
La police, les agents du DNF et des stewards passent régulièrement. Mais pas assez, ou pas de manière suffisamment dissuasive selon les châtelains, qui aimeraient voir tomber des PV bien plus souvent.
Autre idée évoquée par les voisins du site : placer une barrière avant la plage. Mais cela bloquerait aussi l'accès des services de secours, des tracteurs qui ont un droit de passage vers les champs, ou encore des cavaliers.
Il y a quelques années, la rue qui mène au gué avait été interdite à la circulation. Mais la mesure n'a pas duré : des promeneurs, qui empruntaient légalement la passerelle surplombant le gué, s'étaient sentis lésés.
Depuis, c'est le retour à la case zéro et la porte ouverte aux incivilités.
« Le bourgmestre Richard Fournaux s'est rendu plusieurs fois sur place. Il ne s'était pas rendu compte à quel point la situation s'était accentué depuis son dernier mandat », confie la chatelaine.
Ce dernier promet de trouver une solution d'ici l'été prochain.