Agriculture

Sécheresse : Gedinne encourage ses agriculteurs à puiser l’eau en profondeur

publié le:01/07/2025 17:28:00 - mis à jour: 03/07/2025 13:15:44

Face à la chaleur et à la sécheresse persistantes, plusieurs communes redoutent de devoir imposer des restrictions d’eau cet été. À Gedinne, on mise sur une solution alternative : le forage de puits.

En pleine période de canicule, une vache peut boire minimum 40 litres d'eau par jour. Cela représente une pression considérable pour les agriculteurs, mais pas pour Simon Debry. Cet éleveur de Gedinne consomme 3.000 m³ d'eau par an, sans jamais puiser dans le réseau public. Son secret ? Un puits creusé dans la prairie en face de sa ferme. Invisible à l'œil nu, il est dissimulé sous une dalle de béton.

C'est un puits que mon père a fait forer en 2009. Ça fait déjà quelques années. Si mes souvenirs sont bons, on est entre 50 et 60 mètres de profondeur. Donc on a été chercher quand même à un endroit assez profond.

Depuis, c'est donc une nappe phréatique qui alimente l'ensemble de l'exploitation. Une pompe autonome et un système de flotteurs assurent une réserve constante dans une cuve de 3.000 litres, au grand bénéfice des 350 vaches.

On sait que quand on ouvre la vanne, on aura de l'eau et nos bêtes auront à boire en suffisance. On sait que la commune de Gedinne a parfois quelques difficultés d'eau… Ici, on n'a jamais le problème d'être à court.

Au-delà des économies d'eau de ville, ce système représente un gain de confort et une sécurité hydrique précieuse. Mais Simon ne compte pas s'arrêter là : il envisage de nouveaux forages dans ses prairies éloignées, pour éviter les transports d'eau.


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La commune encourage les forages de puits

À Gedinne, Simon n'est pas un cas isolé. Une dizaine d'agriculteurs sur une cinquantaine de fermes ont déjà fait le choix du forage. Une démarche encouragée par la commune et l'échevin en charge de l'eau, Vincent Massinon.

Les premiers puits, ça nous perturbait un peu. On se disait : on aura moins de ventes d'eau. Mais petit à petit, on a vu que c'était une très bonne chose. Les fermiers vont chercher leur eau eux-mêmes : c'est autant d'eau qu'on ne doit pas transporter. Mais surtout, cela nous évite de potentiellement tomber en pénurie d'eau.

Ces captages sont strictement encadrés par la Région wallonne et nécessitent un permis d'environnement. Le coût d'un forage varie entre 2.000 et 20.000 euros, selon la profondeur et le type de terrain. Un investissement qui s'impose peu à peu comme une réponse durable au changement climatique.

Gautier Falque, Journaliste
gautier.falque@matele.be

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