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Chasse au grand gibier : la Wallonie prolonge officiellement la saison jusqu’au 31 janvier pour les cinq années à venir

publié le:25/04/2025 17:16:00 - mis à jour: 27/04/2025 09:41:55

La chasse au grand gibier sera prolongée jusqu’au 31 janvier en Wallonie pour les cinq prochaines années. Une décision qui ne fait pas l'unanimité.

Les chasseurs n'ont pas assez de temps pour atteindre leurs quotas, les plans de tir imposés par la Région wallonne. Résultat : ils demandent systématiquement une prolongation de la saison de chasse jusqu'au 31 janvier.

Une meilleure lisibilité du calendrier

Avec le nouveau projet d'arrêté du Gouvernement wallon, cette démarche ne sera plus nécessaire. Le texte prévoit en effet de fixer la fin de la saison au 31 janvier, et ce, pour les cinq prochaines années. Louis de Schaetzen, chasseur, agriculteur et forestier à Navaugle, explique :

Avant, on prolongeait la chasse au dernier moment, donc ça n'avait pas beaucoup d'efficacité. Toutes les dates étaient déjà fixées, les parties de chasse planifiées, et finalement peu de gens organisaient, chassaient en janvier. Au moins maintenant, on sait à quoi s'en tenir, avec une période clairement définie.

Il nuance son propos :

Avec le réchauffement climatique, on observe que les sangliers mettent bas de plus en plus tôt, parfois dès janvier. Cela complique la situation sur le terrain : on risque de tomber sur des nids ou des jeunes marcassins, ce qui pose une question éthique.

Pas une véritable solution pour “Stop aux dérives de la chasse”

Maxime Rigo, coordinateur du collectif « Stop aux dérives de la chasse », estime pour sa part que cette prolongation officielle n'est pas la solution idéale pour réguler la surpopulation de grands gibiers :

Cela fait cinq ans que les prolongations existent, et aujourd'hui on les entérine pour les cinq prochaines années. Cela montre surtout que les chasseurs ne parviennent pas à réguler efficacement les densités de grand gibier.

Du côté des chasseurs, on rétorque que la situation est plus complexe qu'il n'y paraît :

Réaliser le plan de tir n'est jamais simple. Il faut composer avec les autres usagers de la forêt, les périodes d'ouverture, mais aussi les déplacements du gibier, qui fréquente de plus en plus les prairies et les campagnes plutôt que les bois.

Des mesures plus structurelles réclamées par le collectif

Maxime Rigo regrette enfin que le Gouvernement wallon n'ait pas davantage pris en compte les avis de l'ensemble des usagers de la forêt. Son collectif plaide pour des actions plus tangibles :

Il faut s'attaquer aux véritables causes des surdensités. L'une des priorités, c'est d'interdire progressivement le nourrissage artificiel, dont l'impact sur la dynamique des populations de sangliers est indéniable. Et d'autre part, il faut imposer des sanctions plus strictes en cas de non-respect des plans de tir.

Pour l'instant, le projet d'arrêté a été validé en première lecture par le Gouvernement wallon. Il faudra encore un peu de temps, et peut-être quelques modifications, avant de le voir véritablement entrer en vigueur.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

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