Dans ce premier numéro de Choûtoz one miète, il est question du côté "imagé" de la langue wallonne, qui est faite d'expressions savoureuses. Le wallon est direct, mais pas vulgaire.
Comme le dit si bien Jean Germain dans la première de Choûtoz one miète : "la langue n'est pas vulgaire, ce sont les gens qui le sont". Certains trouvent que le wallon est une langue vulgaire. Or, pour l'ancien professeur de l'UCL, le wallon n'est pas vulgaire. Certaines personnes l'utilisent mal, comme avec le français. Ainsi, avec le tutoiement en wallon, il faut l'utiliser dans certaines circonstances.
Dans les fermes, les fermiers vouvoyaient leurs vaches. Le vouvoiement était couramment utilisé. Aussi les images sont savoureuses, mais pas vulgaires.
Milo Dardenne, le célèbre peintre houyètois qui était notre invité, de surenchérir:
Quand j'étais petit, mon papa me tutoyais. Mais quand j'avais fait une bêtise, ce qui arrivait souvent, alors il me vouvoyait.
Cette discussion faisait suite au billet d'humeur en wallon de l'Abbé Bernard Van Vynckt. Il parlait justement de ce sujet en donnant, en exemple, des expressions croustillantes du "lingadje d'èmon nos-ôtes".
Une émission en wallon tous les 15 jours
Choûtoz one miète, c'est tous les 15 jours, le mercredi à 18h25 sur Matélé. L'émission sera également en ligne sur le site de Matélé. Aussi, des extraits de l'émission seront proposés sur les réseaux sociaux de Matélé (page matélé et page magma). Le but de l'émission est de proposer du contenu en wallon tout en permettant à tout un chacun de suivre et comprendre l'émission. Ainsi, la plupart des séquences est sous titrée en wallon et traduite en français. Quand ce n'est pas le cas, une brève explication en français accompagne le propos.
Au programme
Cette semaine, Jean Germain et Milo Dardenne sont les invités. Le peintre nous explique ainsi, en wallon, pourquoi et comment se fait le processus de création chez lui. Dit dans notre langue dialectale, c'est tout simplement savoureux. De plus, Milo Dardenne présente le livre édité par la Province sur ses croquis, intitulé "Milo croque l'Ardenne". Plus d'infos ici
Jean Germain n'est plus à présenter. Spécialiste de toponymie, d'histoire et du wallon, le Sovetois sera présent de manière récurrente dans l'émission, pour notre plus grand bonheur. Grâce à lui, nous en apprendrons sur les légendes, les expressions mais aussi sur la signification des mots en wallon. Cette fois, il nous explique d'où vient le mot wallon "èmon, mon, amon" qui veut dire "chez".
Joëlle Spierkel fait partie des Rèlîs Namurwès et enseigne l'écriture en wallon. Avec ses élèves, elle collabore à l'émission et a enregistré une série de textes d'auteurs mais aussi de créations personnelles. Cette fois, ils lisent la traduction et adaptation en wallon namurois (par Chantal Denis) de "la langue de chez nous" d'Yves Duteil. Le texte est intitulé "Bia lingadje d'èmon nos-ôtes"
Françoise Bal est conteuse. L'ancienne enseignante est l'épouse de Jean Germain. Pour nous, elle compte en wallon "La Cigale et la Fourmi", une des plus célèbres fables de Jean de La Fontaine. La fable est traduite mais aussi adaptée par Jean Germain. Faute de Cigale dans nos régions, c'est le Grillon qui prend sa place (Li Crèkion et l' Copiche). Pour les plus attentifs, il y a des allusions belges, d'autres plus régionales...et même un jeu de mot très local. Saurez-vous le retrouver?
Une adresse mail pour vos questions
Si vous connaissez des initiatives pour mettre en valeur la langue wallonne, si vous souhaitez connaître l'origine d'une expression ou d'un nom de rue,...n'hésitez pas à nous contacter via notre adresse mail: wallon@matele.be