Covid-19
CHU UCL Namur: pénurie de personnel infirmier, cela ne va pas s'arranger...
publié le:07/12/2021 17:40:00 - mis à jour: 08/12/2021 17:46:20
Image Belga
Le personnel soignant est descendu dans la rue ce mardi 7 décembre. Il manifestait contre l'obligation vaccinale et contre les sévères sanctions en cas de refus de vaccination.
A partir du 1er janvier 2022, le personnel soignant qui ne sera pas vacciné sera écarté. Ce projet de loi fait peser une menace sur le secteur: celle de perdre du personnel infirmier alors que la profession connaît déjà une importante pénurie. Le personnel sur le front depuis le début de la crise craint aujourd'hui de voir ce projet de loi se concrétiser. Laurence Hallaux, directrice du département infirmier CHU UCL Namur (site de Godinne), explique qu'à terme cela risque de mettre en danger la vie des patients.
Au plus l'infirmière a de patients, au plus il y a un taux élevé de morbidité, des effets indésirables, des ré-admissions et des décès. Ce que nous souhaitons, ce sont des normes d'encadrement qui doivent être financées et revues.
La solution n'est pas simple pour arriver à contrer cette pénurie. Un budget d'un milliard d'euros a déjà été débloqué par le Gouvernement, mais le problème ne relève pas uniquement d'un manque de subsides. C'est toute la profession qui doit être revalorisée pour attirer de nouvelle recrues. Le directeur médical du CHU UCL Namur (site de Godinne) Benoît Rondelet ajoute :
Le personnel soignant ne commence pas à manquer, cela fait plusieurs années qu'il manque ! Ensuite, on peut mettre tout l'argent que l'on veut sur la table, aujourd'hui encore, il n'y a personne dans les écoles. Le personnel, on ne le trouvera pas. Je pense qu'il faut reconsidérer tout le système de santé. Il faut prendre le problème à la base, et la base c'est l'éducation.
Le directeur sous-entend par-là : la vaccination. A l'heure actuelle, les soins intensifs sont saturés par une majorité de patients non-vaccinés, avec pour conséquence le report d'autres interventions essentielles, faute de personnel soignant.
D'après l'INAMI, à cause de la crise, il faudra plus de deux ans pour résorber le retard accumulé pour les opérations vitales et quatre ans pour les non-essentielles.