Grippe aviaire

"Confinées, les autruches combattent jusqu'à la mort!"

publié le:16/02/2017 18:00:00 - mis à jour: 17/02/2017 18:36:07

15ème jour de confinement pour les oiseaux et volailles belges suite au cas récent de grippe aviaire. Cette mise en quarantaine pose de sérieux problèmes chez les éleveurs d'autruches notamment...

Depuis deux semaines, les prairies de Réginald Michiels sont désespérément vides. Pas une seule autruche à l'horizon et pour cause, l'ASFCA, l'Agence Fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire, oblige l'éleveur dinantais à confiner ses grands oiseaux. Une situation particulièrement problématique en ces mois de février et mars puisqu'il s'agit de la saison des amours chez les autruches...

"C'est la constitution des groupes, des clans. C'est toujours une compétition chez les animaux. Quand cela se passe à l'extérieur, le vainqueur reste sur place et le vaincu peut se sauver. Au contraire, à l'intérieur, le vaincu sera tué puisque les autruches se battent jusqu'au finish" explique Réginald.

Par le passé, Réginald a déjà vécu cette situation avec des conséquences dramatiques pour son élevage de près de 200 bêtes.

"En 2002, cela avait été catastrophique. On avait perdu plus de la moitié de notre cheptel par combat, pas à cause de la maladie. En 2006 par contre, nous avions eu une alternative et nous n'avions pas été obligés de confiner nos autruches" se souvient l'éleveur de Sorinnes.

"Elles commencent déjà à se battre..."

Cette alternative consistait en la pose d'effaroucheurs dans la propriété. Le but était d'effrayer, d'éloigner les oiseaux migrateurs, susceptibles de transporter la maladie. Mais cette année, l'AFSCA ne se satisfait pas du procédé, le virus actuel H5N8 étant apparemment plus virulent que le H5N1. Conséquences...

"La mort dans l'âme, on confine nos animaux en priant pour que cela dure le moins longtemps possible. Déjà maintenant, après deux semaines d'enfermement, on commence à voir des signes d'énervement, des signes de panique et des animaux qui commencent à se battre" s'inquiète Réginald.

A l'heure actuelle, pas encore de perte donc pour Réginald mais les jours passent. Ses protégés s'impatientent et n'attendent qu'une chose: gambader à nouveau au grand air !

Antoine Peret, Journaliste
antoine.peret@matele.be

 

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