Les ministres de la Santé se sont accordés sur les grandes lignes de la réforme du paysage hospitalier. Bien que basée sur les recommandations des experts, leur note est moins sévère pour les petites structures
La Conférence interministérielle Santé publique, qui regroupe les ministres de la Santé des différents niveaux de pouvoir, s'est mise d'accord sur une proposition de principe concernant la réforme du paysage hospitalier pour les dix prochaines années.
La note est largement basée sur le rapport de la commission d'experts indépendants qui avaient planché sur le dossier. Toutefois, les ministres ont assoupli certains critères proposés « afin de tenir compte au mieux de la proximité des soins si nécessaire, y compris dans les zones plus isolées et rurales ».
La réforme, étalée sur 10 ans répartis en deux phases, prévoit quatre types de structures hospitalières : les centres hospitaliers universitaires (CHU), les hôpitaux généraux régionaux (HGR), les centres hospitaliers de jour (CHJ) et les hôpitaux de soins intermédiaires (HSI).
Pour rappel, les experts avaient fixé des normes pour pouvoir prétendre au statut d'hôpital général régional : 150 lits aigus justifiés en 2026 (180 en 2031) ainsi que 600 accouchements par an. Ces chiffres mettaient clairement l'hôpital de Dinant sur la sellette. Ce site du CHU UCL Namur comptait, en 2025, 173 lits aigus et avait accueilli 553 accouchements.
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Des critères moins sévères
Dans la note validée par les ministres, les seuils concernant le nombre de lits ont été légèrement assouplis. Lors de la première phase, le seuil de 150 lits aigus reste la norme pour les hôpitaux généraux régionaux. Toutefois, l'augmentation de ce minima à 180 lits ne sera envisagée qu'après l'évaluation prévue au cours de l'année 2031.
Outre les 150 lits aigus, les HGR doivent également avoir 200 lits agréés (chirurgie, médecine interne, pédiatrie, maternité, gériatrie). Ce seuil pourrait monter à 240 lits, après évaluation.
Pour les maternités, la note de la Conférence ministérielle est plus explicite : « le critère supplémentaire d'un minimum de 600 accouchements est supprimé. »
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Les soins qui doivent obligatoirement être dispensés par un HGR seront précisés dans les mois à venir. Ils seront fixés de façon à ce que toutes les formes de soins de proximité soient offertes dans un bassin de soin. Il reviendra aux entités fédérées de définir ces bassins de soins. Par soins de proximité, on entend les urgences spécialisées, les soins intensifs, la pédiatrie, la maternité et la gériatrie.
Quel avenir pour Dinant ?
La suppression du critère des 600 accouchements ne garantit toutefois pas le maintien de la maternité de Dinant. La note de la Conférence interministérielle reste un texte-cadre : elle fixe des seuils minimaux pour l'agrément en tant qu'HGR.
Le CHU UCL Namur travaille actuellement sur son plan stratégique qui envisage le déménagement de l'hôpital de Mont-Godinne et la transformation de Dinant en centre médical local. L'avenir de la maternité, des urgences et des soins intensifs de Dinant dépendra donc aussi de ces choix internes, et non uniquement des critères revus par les ministres.