Julie Dauvillée est gynécologue depuis six ans à la maternité du CHU UCL Namur, sur le site de Dinant. Elle consulte également dans son cabinet à Spontin. À la suite des récentes annonces de la direction évoquant une réorganisation des différents sites et la possible fermeture de la maternité dinantaise, elle souhaite défendre les valeurs d'un service auquel elle est profondément attachée :
Chez nous, chaque naissance a un prénom. Tout le monde se connaît. On n'est pas des numéros. Ça permet de pouvoir vraiment cocooner les patientes.
Le projet de réorganisation, qui prévoit la construction d'un nouvel hôpital pour le CHU UCL Namur, reste à ce stade peu détaillé. Parmi les hypothèses envisagées, il y a la transformation du site de Dinant en polyclinique. Une option qui entraînerait la fermeture de la maternité.
La maternité nécessite, pour avoir des soins de qualité, un service d'urgence et des soins intensifs de qualité.
Pas assez de naissances à Dinant
Pour assurer le maintien d'une maternité, un seuil minimum de 600 naissances par an est requis. Un chiffre récemment revu à la hausse, dans un contexte de baisse marquée de la natalité en Belgique, selon la gynécologue. À Dinant, le nombre d'accouchements oscille entre 500 et 600 par an. Une situation qui entretient également l'incertitude au sein du personnel. La gynécologue rappelle :
On oublie trop qu'il n'y a pas que le volume d'accouchements ou le volume d'activité qui est important. La maternité de Dinant permet avant tout à des patientes qui habitent cette zone rurale de pouvoir bénéficier de soins de qualité proches de chez elles.
En cas de disparition du service, les futurs parents devraient se tourner vers d'autres hôpitaux, parfois plus éloignés, notamment pour les habitants de la botte de Givet.
C'est un vrai désert médical, en fait. Ces patientes sont très contentes de pouvoir bénéficier de soins proches de chez elles. Il y a un accord avec les patientes françaises pour qu'elles puissent bénéficier de remboursements comme si elles étaient traitées en France. On a plus ou moins 15 % d'accouchements de patientes françaises, c'est non négligeable.
Depuis plusieurs jours, la gynécologue fait face aux nombreuses questions de ses patientes. Des interrogations auxquelles elle ne peut, pour l'instant, apporter de réponses précises.
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