Santé

CHU UCL Namur : la direction précise sa réorganisation et l’avenir des hôpitaux

publié le:09/02/2026 17:47:00 - mis à jour: 09/02/2026 18:05:58

Le CHU UCL Namur précise son plan stratégique : déménagement de Mont-Godinne et adaptation des soins, un projet qui façonnera l’avenir de ses hôpitaux pour la prochaine décennie.

Après l'émotion suscitée suite à l'annonce du plan géostratégique du CHU UCL Namur, la direction clarifie son projet. Il prévoit une adaptation de l'offre de soins, mais surtout un changement majeur. On ne parle pas de fermeture, mais bien du déménagement de l'hôpital de Mont-Godinne vers un tout nouveau centre hospitalier, précise Sandra Giunta, directrice générale du CHU UCL Namur.

Si dans dix, quinze ans, on veut continuer à prodiguer des soins de qualité à vocation universitaire, il nous faudra avoir aussi des infrastructures qui puissent nous permettre de le faire. Rénover un site hospitalier existant, d'un point de vue financier, coûte trois fois plus cher que de construire une nouvelle infrastructure.

Des interrogations sur l'avenir du site actuel

Pour Alexandre Visée, le bourgmestre de Yvoir, le projet suscite pas mal d'interrogations, notamment concernant l'avenir du site actuel.

Ma préoccupation principale est de savoir ce que va devenir ce site ? Il est vaste, il y a beaucoup de bâtiments construits dessus, on est en zone bleue au plan de secteur, donc cela veut dire qu'il doit y avoir de l'aménagement collectif. Donc asseyons-nous très vite ensemble avec le CHU d'une part, et avec les autres niveaux de pouvoir aussi, évidemment, pour savoir ce que ce site va devenir. C'est vraiment un enjeu d'urbanisme, d'aménagement du territoire pour la commune.

La localisation du futur hôpital reste encore inconnue

Une autre question se pose sur la localisation du nouvel hôpital, qui devrait être plus facile d'accès selon les responsables. Sandra Giunta développe :

On a rencontré tous les bourgmestres locaux et il y a pour le moment une entité qui ressort pour plusieurs raisons. Des raisons évidemment très stratégiques en termes d'accessibilité des soins pour le patient, de la mobilité et pour que les collaborateurs concernés soient finalement peu impactés par ce déménagement. Et donc ça nous amène à une zone et nous sommes dans des phases de négociations avec les bourgmestres compétents.

Que va devenir l'hôpital de Dinant ?

Du côté de Dinant, l'incertitude domine également. Malgré les travaux en cours, la maternité, les urgences et les soins intensifs sont menacés par des décisions ministérielles. La directrice générale ajoute qu'avec la réforme du paysage hospitalier, les établissements qui n'atteindront pas certains seuils d'activité en termes de nombre de lits occupés et d'accouchements réalisés d'ici 2031 pourraient être reclassés en Centres médicaux locaux.

C'est vrai que si on regarde la réforme du paysage hospitalier, la maternité pour le site de Dinant pourrait ne plus exister sur le site, tout comme les urgences, les services médicaux des urgences, puisque un centre médical local, tel que le prévoit la note des experts, ne comporte pas de services médicaux urgents et pas de maternité. C'est une note, mais nous avons nos propres négociations, évidemment, en parallèle.

Richard Fournaux monte au créneau 

Une annonce qui fait bondir Richard Fournaux, d'autant plus que le bourgmestre l'a apprise par voie de presse.

Pour le moment, il y a un espèce de capharnaüm dans lequel personne ne se retrouve. Mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il y a deux réalités. La première des réalités, c'est que les chantiers sont en cours. Alors on va arrêter tout ça, on va nous laisser des bâtiments à moitié construits ? Ce n'est pas crédible. Deuxièmement, les hôpitaux du C.H.U. ça représente près de 5000 personnes. Ça veut dire que ça représente près de 5000 familles en province de Namur. Et ces gens sont dans l'attente de voir ce qui peut leur arriver.

Il ajoute :

L'arrondissement de Dinant-Philippeville est le plus étendu de Belgique. Il y a déjà des gens qui font des kilomètres pour venir à l'hôpital à Dinant. L'éloigner encore un peu plus compliquera encore les choses. Et n'oublions pas la patientèle française qui trouve ici un accueil important.

Pour l'heure, cette première version du plan géostratégique ne comprend pas de licenciement. Le document pourrait encore évoluer. La direction espère pouvoir annoncer, d'ici la fin de l'année, la localisation définitive du futur hôpital.

Perrine Borlée, Journaliste
Perrine.borlee@matele.be

 
 
 

Revoir Le Journal

CDJ

22H30