La construction d'une maison rurale est en projet dans le village Mont à Yvoir, mais les coûts de ce projet sont remis en cause. Des villageois ont, par ailleurs, introduit un recours.
La future maison rurale de Mont sera construite sur un terrain d'un hectare. La salle pourra accueillir 250 personnes assises. Initiée sous l'ancienne mandature, la majorité actuelle composée du groupe "La relève"et de "La liste du bourgmestre" a décidé de revoir le projet initial et d'abandonner l'étude lancée pour repartir de zéro, car les estimations étaient jugées trop chères. Bertrand Custinne, ancien échevin aujourd'hui dans l'opposition, fustige la nouvelle mouture du projet:
Sous l'ancienne mandature, « La relève », qui était dans l'opposition, nous disait qu'il y avait moyen de faire aussi bien pour moins cher. Trois ans plus tard, on a aussi coûteux, mais moins bien.
La guerre des chiffres
L'échevin de l'aménagement du territoire, Marcel Colet, a évidemment une autre analyse des choses.
On ne fait pas moins bien parce que le nouveau projet est beaucoup moins cher. On est à 1,9 million d'euros hors TVA, ce qui donne un projet à 2,3 millions d'euros. L'ancien projet s'élevait à 2,6 millions.
L'opposition EPY de Betrand Custinne, elle, fait un autre calcul:
L'histoire nous a finalement donné raison puisqu'on nous annonçait en avril 2021 un budget de 2,1 millions d'euros. Ce budget n'a fait que grossir puisque le projet soumis à l'approbation du Conseil de ce lundi 20 septembre se chiffre désormais à 2,43 millions d'euros ! Ce projet est évidemment subsidié par le Gouvernement wallon, mais la part communale s'élève quand même à 1 million. En ajoutant l'étude qui a été stoppée par la majorité, on monte à 1,13 million euros. Tout cela mis ensemble fait qu'on arrive au même coût que notre projet précédent, mais avec moins d'aménagements.
Bertrand Custinne poursuit et détaille:
L'équipement de cuisine et le mobilier doit être acheté et/ou géré par les associations. On passe d'un parking de 150 places à un autre d'une soixantaine de places. Automatiquement, les gens qui occuperont la salle iront se garer près des riverains, ce qui causera des nuisances. Nous prévoyions aussi du matériel audiovisuel, mais ici, il faudra aller le chercher à gauche et à droite en cas de besoin désormais.
Soixante villageois introduisent un recours
Au-delà de cette guerre des chiffres, le projet se heurte à un autre problème: Le Montcollectif. Il est composé d'une soixantaine de villageois opposés au projet en sachant que Mont compte environ 700 âmes. Parmi les opposants, il y a Axel Blanckart, le riverain direct du projet:
L'ancien projet, mais aussi celui de maintenant est beaucoup trop grand. Le projet est trop ambitieux par rapport aux demandes des associations. On a trois fêtes de village par an et quelques apéros. La salle est prévue pour une occupation la semaine et des fêtes tous les quinze jours afin de rentabiliser l'établissement. Nous pensons que c'est beaucoup trop. Les associations et Montcollectif ne se retrouvent pas dans ce projet.
Le collectif a introduit un recours auprès du ministère de tutelle. Le permis accordé pourrait donc être cassé. La décision tombera en octobre, mais le collectif prévient: il ira jusqu'au Conseil d'État si il le faut. Le premier coup de pelleteuse espéré fin 2022 pourrait donc se voir postposer.